Tout au bout du chemin du Chêne aux Haies qui longe le cimetière de Mons, se trouve un établissement improbable. Angelo Galasso a transformé le garage situé au fond de son jardin en un micro-restaurant de 14 couverts avec une cuisine ouverte et une petite toilette. L'ambiance est feutrée et intime avec un éclairage doux, des bougies et une dominante de noir. Au mur, un extrait d'un poème de Pablo Neruda: "Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves..." Angelo G...

Tout au bout du chemin du Chêne aux Haies qui longe le cimetière de Mons, se trouve un établissement improbable. Angelo Galasso a transformé le garage situé au fond de son jardin en un micro-restaurant de 14 couverts avec une cuisine ouverte et une petite toilette. L'ambiance est feutrée et intime avec un éclairage doux, des bougies et une dominante de noir. Au mur, un extrait d'un poème de Pablo Neruda: "Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves..." Angelo Galasso les a pris, ces risques. Arrivé par amour de sa Basilicate natale en 2005, il a toujours rêvé d'ouvrir un restaurant où il pourrait partager son attrait pour la cuisine italienne traditionnelle. Employé chez Proximus, il a un jour sauté le pas en transformant son garage. Vu le succès, ce qui était d'abord un restaurant de week-end en plus du travail s'est mué en un job à temps plein. D'ailleurs, quand il n'est pas dans sa cuisine, Angelo Galasso joue au consultant et, de temps en temps, va occuper les cuisines de l'Elysette à Namur ou celle d'Elio Di Rupo. Il n'y pas de carte chez Pane e Olio, juste un menu unique qui change toutes les semaines et que le chef communique quelques jours avant votre réservation. Une balade italienne en six services pour 75 euros: des mises en bouche, un primi piatti, un plat de pâtes (ou un risotto), un secondi piatti, un pré-dessert et un dessert. Seul dans sa cuisine et aidé par une étudiante qui fait serveuse et plongeuse à la fois, le chef est d'un calme olympien. Il prend son temps pour venir à chaque table dispenser ses conseils pour le choix du vin. L'assiette est irréprochable. Lors de notre visite, nous avons eu droit, entre autres, à des Paccheri di Gragnano alla Genovese. Soit des pâtes en IGP issues du berceau italien des pâtes situé près de Naples. Quant à la préparation, elle est tout aussi napolitaine. C'est un ragoût sans tomate dont la légende dit qu'il a été inventé par une cheffe qui n'avait plus de tomates et devait satisfaire des marins génois affamés. Une merveille! Tout comme la revisite du chef d'un vieux dessert italien: la zuppa inglese inventée à Modène durant la Renaissance. Angelo Galasso alterne des biscuits à la cuillère imbibés d'Alkermès (une vieille liqueur inventée par des moines et qui tire son nom de la cochenille du chêne vert) et de la crème pâtissière légère tantôt nature, tantôt finement chocolatée. A s'en lécher les doigts! Le resto est couru et il faut parfois prendre son mal en patience pour avoir une table mais elle est plus que récompensée...