En Belgique, comme dans la plupart des pays européens, le golf est l'arrêt. Appliquant à la lettre le décret ministériel, les clubs ont fermé toutes leurs infrastructures jusqu'à nouvel ordre. Alors que les beaux jours reviennent, c'est forcément frustrant pour les 67.000 licenciés du Royaume. Et cela représente aussi un solide manque à gagner pour tout le secteur. La santé financière de nombreux clubs, déjà touchés par l'interdiction des pesticides pour l'entretien des terrains, n'était déjà pas idéale avant la crise du coronavirus. Elle risque de devenir carrément inquiétante.
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En Belgique, comme dans la plupart des pays européens, le golf est l'arrêt. Appliquant à la lettre le décret ministériel, les clubs ont fermé toutes leurs infrastructures jusqu'à nouvel ordre. Alors que les beaux jours reviennent, c'est forcément frustrant pour les 67.000 licenciés du Royaume. Et cela représente aussi un solide manque à gagner pour tout le secteur. La santé financière de nombreux clubs, déjà touchés par l'interdiction des pesticides pour l'entretien des terrains, n'était déjà pas idéale avant la crise du coronavirus. Elle risque de devenir carrément inquiétante. Le printemps est traditionnellement une saison haute. Les joueurs reprennent, tout guillerets, le chemin des greens, les terrasses se remplissent lors des 19es trous, les compétitions sponsorisées alimentent les caisses. Mais cette année, dans la colonne recette, c'est le vide. Ni horeca au club-house, ni green fees au secrétariat, ni dépenses au pro shop. Au practice, même les enseignants sont au chômage technique. Seul point positif : en Belgique, les clubs ont la chance de bénéficier des cotisations annuelles des membres. Cela leur permet d'avoir un fonds de roulement et de sauver provisoirement leur bilan. En attendant des jours meilleurs, les clubs qui ont les moyens et les effectifs s'efforcent de peaufiner leur terrain. Le défi n'est pas simple, en raison d'un autre décret, européen cette fois... Depuis juin 2018, il est en effet interdit de recourir aux produits phytopharmaceutiques (insecticides, herbicides, fongicides) sur les greens. " De nombreux parcours belges subissent de plein fouet, cette mesure, surtout côte francophone où aucune dérogation n'a été accordée ", rappelle Christophe Descampe, manager au golf de Rigenée. Le confinement actuel permet aux green keepers d'effectuer un travail en profondeur au niveau du carottage, du drainage, de l'irrigation, de l'abattage, des terrassements et surtout du sablage. " Mais avec la règle du zéro phyto, c'est parfois mission impossible, surtout pour les parcours boisés qui bénéficient de peu d'aération naturelle... " Voici plusieurs mois que des discussions sont en cours avec les pouvoirs politiques pour trouver un compromis basé sur le bon sens qui autoriserait, par exemple, une trousse de secours pour soigner des greens malades ou touchés par des champignons microscopiques. Mais ce n'est évidemment pas la priorité du moment. " Le monde du golf est parfaitement conscient que le recours systématique aux engrais n'est pas une bonne solution et qu'il faut changer les mauvaises habitudes. Mais, d'un autre côté, installer des ventilateurs électriques autour des greens ou enlever la rosée du matin avec des machines n'est pas très écologique non plus ", poursuit Christophe Descampe, ingénieur agronome de formation. La Greenkeepers Association of Belgium se réunit régulièrement pour réfléchir à des solutions intelligentes et consensuelles afin de trouver des pistes et sauver des parcours en grand danger. Le temps presse.