Le gouvernement De Croo ne devrait pas trébucher sur la norme salariale. Les partenaires sociaux ont en effet abouti, au terme d'une longue nuit de négociation, à un accord sur les éléments avancés par le ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS) dans l'espoir de débloquer la situation. Cela concerne notamment la hausse progressive du salaire minimum et la généralisation de la mesure corona portant de 120 à 220 le no...

Le gouvernement De Croo ne devrait pas trébucher sur la norme salariale. Les partenaires sociaux ont en effet abouti, au terme d'une longue nuit de négociation, à un accord sur les éléments avancés par le ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS) dans l'espoir de débloquer la situation. Cela concerne notamment la hausse progressive du salaire minimum et la généralisation de la mesure corona portant de 120 à 220 le nombre d'heures supplémentaires autorisées. Sur cette base, le gouvernement devrait donc valider la norme salariale de 3,2% (0,4% + index) pour la période 2021-2022. Début mai, les ministres s'étaient déjà accordés sur une prime corona (500 euros) permettant aux entreprises ou secteurs qui le souhaitent d'aller au-delà de la norme salariale. Si les instances respectives confirment l'accord, le salaire minimum augmentera de 76 euros brut à partir du 1er avril 2022. Patrons et syndicats demandent au gouvernement de légiférer de façon à ce que cette hausse se répercute largement dans les salaires nets. Le salaire minimum grimpera encore de 35 euros brut en 2024 et 2026. A nouveau, les partenaires sociaux demandent l'intervention du gouvernement pour compenser la part de ces 35 euros qui dépasserait la norme salariale en vigueur dans les prochains accords interprofessionnels. "Via la réforme fiscale, le résultat net total de l'augmentation pour le travailleur sera porté à 50 euros par mois et par étape", précise le texte de l'accord qui, décidément, n'hésite pas à préempter les marges de cette réforme fiscale. C'est encore le cas avec le relèvement de 130 à 180 du nombre d'heures supplémentaires défiscalisées. L'accord entre patrons et syndicats prévoit également l'harmonisation des pensions complémentaires ouvriers et employés pour 2030, ainsi que des aménagements du temps de travail en fin de carrière dès 55 ans (au lieu de 57). En revanche, l'âge de la prépension pour les métiers lourds et les restructurations n'est pas abaissé à 58 ans comme le demandait la FGTB et reste fixé à 60 ans.