Des coproduits comme matière première

Avec une production équivalente à l'exploitation de 20.000 hectares de culture de blé, la firme Trotec, basée à Furnes, est un acteur plutôt important dans la production de nourriture pour animaux. Il n'y est néanmoins pas question de tracteurs ou même de champs à perte de vue. Sa production, Trotec la réalise uniquement à partir de coproduits, autrement dit les pertes inévitables que rencontrent toutes les chaînes de production de l'industrie agroalimentaire. Ses fournisseurs sont ainsi des grands noms du secteur, produisant des aliments comme du pain ou des biscuits. " Il s'agit typiquement des aliments qui ne suivent pas tout le processus de production et qui ne peuvent pas être donnés aux banques alimentaires. Ils gardent néanmoins une valeur nutritive intéressante. Ce sont s...

Avec une production équivalente à l'exploitation de 20.000 hectares de culture de blé, la firme Trotec, basée à Furnes, est un acteur plutôt important dans la production de nourriture pour animaux. Il n'y est néanmoins pas question de tracteurs ou même de champs à perte de vue. Sa production, Trotec la réalise uniquement à partir de coproduits, autrement dit les pertes inévitables que rencontrent toutes les chaînes de production de l'industrie agroalimentaire. Ses fournisseurs sont ainsi des grands noms du secteur, produisant des aliments comme du pain ou des biscuits. " Il s'agit typiquement des aliments qui ne suivent pas tout le processus de production et qui ne peuvent pas être donnés aux banques alimentaires. Ils gardent néanmoins une valeur nutritive intéressante. Ce sont souvent des écarts de production, c'est-à-dire les premiers produits qui sortent lors de la mise en marche d'une chaîne et qui ne remplissent pas tous les critères pour être mis en vente. Nous avons aussi des produits cassés ou mal emballés ", explique Krist Forrez, operations manager chez Trotec. En Belgique, Trotec est aujourd'hui le principal acteur sur ce marché. La société doit cependant faire face à la concurrence étrangère, mais pas uniquement. " Nous sommes également en compétition avec d'autres firmes actives dans la gestion des coproduits, mais sous des formes différentes ", explique Krist Forrez. Les sociétés spécialisées dans la biométhanisation et qui récupèrent de l'énergie de ces coproduits sont ainsi très présentes sur le marché. " On parvient néanmoins à être plus attractif car notre valorisation est plus importante et donc mieux rémunérée, détaille l'operations manager, qui craint cependant des changements législatifs. Nous sommes constamment attentifs aux évolutions dans la réglementation. Si le secteur de la biométhanisation parvient à obtenir des subsides, nous serions clairement perdants, alors que nous sommes plus durables ", explique Krist Forrez. Active depuis une quarantaine d'années, Trotec a vu son activité croître de manière importante ces 10 dernières années, grâce notamment à une évolution des mentalités. " Désormais, les questions d'exploitation durable sont beaucoup plus présentes au sein des entreprises. Elles essayent d'avoir une gestion réfléchie de leurs coproduits ", explique le responsable des opérations. Aujourd'hui, Trotec travaille avec 400 usines agroalimentaires belges mais aussi néerlandaises, allemandes et françaises. Si l'intérêt pour le recyclage des coproduits est plus important, son processus est compliqué. " A nos débuts, les produits emballés étaient assez simples. Aujourd'hui, pour un même aliment, il y a souvent plusieurs emballages différents à retirer. Extraire le produit est d'ailleurs l'une des étapes les plus compliquées à réaliser dans tout notre processus ", ajoute encore Krist Forrez. En croissance depuis sa création, l'entreprise a récemment ouvert un deuxième site en France, dans la Drôme. " C'est un lieu stratégique, situé entre Lyon et Marseille, soit les deuxième et troisième villes les plus importantes de France. Beaucoup d'entreprises alimentaires y sont implantées ", explique Krist Forrez. Une implantation qui aura mis du temps à voir le jour, en raison de la législation mais aussi de l'installation de l'outil. " Les coproduits que nous récupérons sont très diversifiés. Ce sont des chips, du pain, mais aussi des bonbons, du chocolat, etc. Chacun est donc soumis à un pré-process différent ", précise le responsable. Avec une telle diversité, l'entreprise doit donc s'adapter, quitte à devoir modifier ses machines. L'inventivité est d'ailleurs devenue un élément essentiel pour Trotec. " On considère qu'un déchet est simplement un manque de créativité ", sourit le responsable.