L'Hôtel & Spa du Castellet, dans le Var, est un endroit superbe, chic, contemporain et " chlorophyllé ", à deux virages du circuit automobile Paul Ricard. Cette adresse du réseau Relais & Châteaux abrite aussi le restaurant de Christophe Bacquié. Né à Montreuil, mais élevé en Corse, cet ex-Meilleur ouvrier de France a découvert la cuisine dans l'hôtel-restaurant familial de Lumio, en Balagne. Dans les années 1990, il quitte son île pour Paris où il multiplie les expériences, notamment à la Maison Prunier. L'appel du Sud l'amène ensuite à la fameuse Oasis triplement étoilée de Louis Outhier et Stéphane Raimbault, à Mandelieu-La-Napoule. C'est une révélation : Christophe...

L'Hôtel & Spa du Castellet, dans le Var, est un endroit superbe, chic, contemporain et " chlorophyllé ", à deux virages du circuit automobile Paul Ricard. Cette adresse du réseau Relais & Châteaux abrite aussi le restaurant de Christophe Bacquié. Né à Montreuil, mais élevé en Corse, cet ex-Meilleur ouvrier de France a découvert la cuisine dans l'hôtel-restaurant familial de Lumio, en Balagne. Dans les années 1990, il quitte son île pour Paris où il multiplie les expériences, notamment à la Maison Prunier. L'appel du Sud l'amène ensuite à la fameuse Oasis triplement étoilée de Louis Outhier et Stéphane Raimbault, à Mandelieu-La-Napoule. C'est une révélation : Christophe se découvre l'envie de devenir un grand chef... Il s'y attelle à La Villa, à Calvi, où il reste 12 ans, récoltant deux étoiles au passage. En 2009, nouveau changement : le voilà à l'Hôtel & Spa du Castellet. Alexandra, son épouse, dirige l'hôtel. A lui le restaurant, qui se pare de deux macarons Michelin dès l'année suivante, et d'un troisième en février de cette année. L'homme a une devise : " être l'artisan d'une bonne table, c'est partager les émotions d'un repas réussi ". Elle prend ici tout son sens, dans des menus allant de 135 euros (pour trois plats) à 240 euros (huit plats). Fasciné par la Grande Bleue et les ressources provençales, Christophe Bacquié rend hommage au terroir, brode avec aisance et glisse du talent dans des interprétations épurées et gorgées d'émotions gourmandes. Cela commence déjà avec les amuse-bouches et les petits pains cuits à la vapeur, à la tomate et à l'olive, qui tiennent leurs promesses. Mais la suite bouleverse les codes. Fringant, le tartare de thon, sésame, mini-cubes de pomme et concombre, gelée d'agrume et radis, ravive le sujet avec une touche de croquant. " Le plat autour du tourteau " dressé en cylindre, coiffé de caviar gold est fouetté par un trait de combava dans un environnement coloré au service du goût. Un aïoli d'anthologie, mousseux, aérien, épouse de jeunes légumes d'une cuisson parfaite opposés à du poulpe de la Méditerranée ferme et moelleux. Appuyé par un jus réalisé avec les carcasses, le gambon écarlate (sorte de gamba) snacké surprend une salade de cébette, oxalis, salicorne, jus de bette coraillé et étonnant chips réalisé avec les têtes. Hirondelle des mers sur la côte Atlantique et demoiselle en Méditerranée, la castagnole est un curieux poisson à la chair fine et ferme. En " pavé " grillé, il campe sur un concassé de tomate et sauce vierge, caressé par une émulsion où frétillent de petits coquillages. On revient sur terre applaudir un filet de veau du Limousin élevé sous la mère, cuit au sautoir, pommes soufflées. Un " beurre grand cru arabica " fondant au contact du jus de cuisson ponctue l'assiette. Epoustouflant. Pré-dessert et dessert, mignardises... Jusqu'à la dernière virgule gourmande, Christophe Bacquié tient les papilles en haleine. Des moments d'exception dans la géniale simplicité d'un cadre naturel, où la beauté des lieux le conjugue à un service délicieusement lissé. La classe.