A l'ère de #MeToo, c'est peu dire que l'univers d'Allen Jones, né en 1937, fait encore grincer les dents. Celui qui fut expulsé du Royal College of Art avant de tout de même terminer ses études demeure une figure controversée du pop art. Sa sculpture en plastique et acrylique Legs...

A l'ère de #MeToo, c'est peu dire que l'univers d'Allen Jones, né en 1937, fait encore grincer les dents. Celui qui fut expulsé du Royal College of Art avant de tout de même terminer ses études demeure une figure controversée du pop art. Sa sculpture en plastique et acrylique Legs (1970), représentant des jambes de femmes gainées de cuir et perchées sur des talons aiguilles, sera mise aux enchères le dimanche 29 mars chez Cornette de Saint Cyr, à Bruxelles. L'oeuvre a été moulée par l'éphémère éditeur allemand Xartcollection (1968-1973) qui ambitionna de démocratiser le marché de l'art avec la commercialisation de " multiples " proposés en édition limitée mais à un prix accessible. Il s'agit, comme toujours avec Allen Jones, d'une vision très érotisée du corps féminin mais beaucoup plus soft que d'autres propositions de ce grand provocateur... L'artiste s'est fait connaître - et conspué par les féministes - dès 1969 avec sa série de meubles anthropomorphiques où des sculptures hyperréalistes de femmes largement dévêtues tiennent lieu d'assise ou de piètement. Un travail qui inspira directement Kubrick pour la scène d'ouverture de son chef-d'oeuvre Orange mécanique (1971) qui, lui aussi, malgré les décennies, n'a rien perdu de son pouvoir subversif.