Cela commence comme un des meilleurs récits issus du journalisme américain. Le chercheur en sciences sociales Grégory Salle descend de voiture... Il s'est rendu sur la Côte d'Azur pour partir à la rencontre des nouveaux mastodon...

Cela commence comme un des meilleurs récits issus du journalisme américain. Le chercheur en sciences sociales Grégory Salle descend de voiture... Il s'est rendu sur la Côte d'Azur pour partir à la rencontre des nouveaux mastodontes des mers - ces "superyachts" qui excitent les super-riches. Au début du siècle, il y en avait 2.000 dans le monde ; aujourd'hui, près de trois fois plus. Fouinant dans leurs parages, l'auteur en profite pour dévider une pelote fascinante, mêlant capitalisme, écologie, esthétique de l'argent et délire fiscal et légal bénéficiant du pavillon de tous les paradis friqués du monde. Car les superyachts ne sont pas que des bateaux. Derrière ces îles flottantes autosuffisantes se cache une autre réalité: celle d'une insularisation toujours plus grande d'une élite insubmersible, qui a décidé d'abandonner derrière elle ses contemporains et leurs problèmes. A la fin du blockbuster apocalyptique 2012, les milliardaires du monde se sauvaient du déluge grâce à des paquebots conçus spécialement pour l'affronter. C'était à peine une fiction.