Après trois mois d'arrêt forcé suite au Covid-19, le PGA Tour s'est remis en ordre de marche, la semaine dernière, lors du Charles Schwab Challenge, au Texas. Le tournoi s'est déroulé à huis clos, dans un contexte sécuritaire très particulier. Les joueurs et les caddies, tous reclus dans le même hôtel, ont été testés dès leur arrivée et ont dû suivre ensuite un protocole sanitaire ultra-strict (un guide de 34 pages) avec prise de température quotidienne et interdiction de fréquenter amis ou famille. A l'arrivée, tout s'est bien passé même si, sans spectateur, le silence de la compéti...

Après trois mois d'arrêt forcé suite au Covid-19, le PGA Tour s'est remis en ordre de marche, la semaine dernière, lors du Charles Schwab Challenge, au Texas. Le tournoi s'est déroulé à huis clos, dans un contexte sécuritaire très particulier. Les joueurs et les caddies, tous reclus dans le même hôtel, ont été testés dès leur arrivée et ont dû suivre ensuite un protocole sanitaire ultra-strict (un guide de 34 pages) avec prise de température quotidienne et interdiction de fréquenter amis ou famille. A l'arrivée, tout s'est bien passé même si, sans spectateur, le silence de la compétition était souvent pesant et étrange. " En général, le public nous aide à chercher nos balles égarées ", ironisait Justin Thomas. " Et on devine aux applaudissements, si notre coup est réussi ou pas, souriait Jon Rahm. Là, on était dans l'inconnue. " En attendant, le circuit US est reparti en croisade avec un menu très copieux jusqu'à la fin de l'année. Véritable machine de guerre, le PGA Tour brasse, chaque semaine, des millions de dollars, notamment grâce au sponsoring et aux droits de télévision. Financièrement, il ne pouvait pas se permettre de rester trop longtemps en mode pause. Les audiences de ce tournoi de reprise ont d'ailleurs été excellentes, preuve que le téléspectateur américain était en manque. Il se chuchote que le public pourrait revenir autour des greens lors du Memorial Tournament, le 16 juillet. Avec Tiger Woods comme tête d'affiche. Mais, à ce stade, rien n'est sûr. Jusqu'à nouvel ordre, le huis clos restera donc la norme aux Etats-Unis. Et, en Europe, où il est encore plus compliqué d'isoler des joueurs venant de pays différents, les premières compétitions ne sont pas programmées avant le 22 juillet. En vérité, cette pandémie va probablement accélérer une restructuration complète du golf professionnel mondial. " Je crois que le mieux serait une fusion entre le PGA Tour et l'European Tour " a lancé, de l'audace plein la voix, Rory McIlroy. L'idée est dans l'air depuis longtemps. On sait que le circuit européen n'est plus très rentable financièrement. Les meilleurs joueurs du Vieux Continent ont d'ailleurs pris pour habitude d'évoluer aux States où les prize moneys sont bien plus élevés. Un rapprochement entre les deux grands circuits mondiaux aurait du sens, surtout si l'on sait qu'un projet de Ligue mondiale (financée notamment par des fonds saoudiens) pourrait, à terme, s'inviter aux débats. Reste à trouver la formule magique. Certains prônent pour que certains tournois européens soient intégrés dans le calendrier américain et comptent pour les deux circuits. C'est une piste. Il y en a d'autres comme celle d'une véritable OPA du PGA Tour sur son homologue d'outre- Atlantique. Une chose est sûre : avec, en toile de fond, des sponsors probablement moins généreux, un bon compromis vaudra peut-être mieux qu'un mauvais divorce.