Les premiers de classe ne sont pas toujours exempts d'un faux pas. AB InBev, le leader mondial incontesté de la bière, qui a conforté sa position à la suite de l'acquisition du brasseur britannique SAB Miller l'an dernier pour 92 milliards d'euros, a enregistré en 2016 la première baisse de résultat d'exploitation de son histoire. Le groupe n'a engrangé "que" 16,75...

Les premiers de classe ne sont pas toujours exempts d'un faux pas. AB InBev, le leader mondial incontesté de la bière, qui a conforté sa position à la suite de l'acquisition du brasseur britannique SAB Miller l'an dernier pour 92 milliards d'euros, a enregistré en 2016 la première baisse de résultat d'exploitation de son histoire. Le groupe n'a engrangé "que" 16,75 milliards de dollars soit 0,1 % de moins qu'en 2015. La raison de ce dérapage est à chercher au Brésil, le deuxième marché d'AB InBev : la crise économique et l'effondrement de la devise locale ont lourdement pesé sur la performance avec un recul des ventes d'un côté et la hausse des coûts en raison de la dévaluation du real de l'autre. "Sans le Brésil, le résultat opérationnel (Ebitda) de l'exercice aurait affiché un progrès de 6,3 %", a expliqué le patron du groupe, Carlos Brito. Du coup, le groupe affiche en 2016 un bénéfice sensiblement raboté, de 4.853 millions de dollars contre 8.513 millions en 2015. Car, à côté des mauvaises performances brésiliennes et des effets de change défavorables dans d'autres pays (comme le Mexique), les frais d'acquisition de SAB Miller ont également pesé sur les résultats. Carlos Brito reste néanmoins très positif sur les effets bénéfiques de cette fusion. AB InBev a d'ailleurs relevé ses estimations d'économies de coûts qui seront réalisées grâce aux synergies en train d'être mises en place entre les deux groupes : l'objectif initial de 2,45 milliards de dollars a été porté à 2,8 milliards. Preuve de la confiance en l'avenir, le groupe maintient son dividende à 3,60 dollars l'action, ce qui a rassuré. "Sur le long terme, AB InBev, en tant que leader incontesté du marché, est idéalement positionné", observe Wim Hoste, analyste chez KBC Securities, qui maintient sa recommandation à l'achat sur le titre. P.-H.T.