Mais qu'arrive-t-il à Francesco Molinari ? En 2018, le champion italien avait éclaboussé le millésime de toute sa classe. Il s'était offert le premier Grand Chelem de sa carrière lors du British Open et avait été élevé au rang de héros lors de la Ryder Cup au Golf National de Paris où il avait apporté cinq points à l'équipe européenne. Dans la foulée, voici juste un an, il avait remporté l'Arnold Palmer Invitational sur le PGA Tour. A l'époque, rien ne résistait à son jeu de métronome et à ses approches millimétrées. Au sommet de son art, on le pensait même carrément l...

Mais qu'arrive-t-il à Francesco Molinari ? En 2018, le champion italien avait éclaboussé le millésime de toute sa classe. Il s'était offert le premier Grand Chelem de sa carrière lors du British Open et avait été élevé au rang de héros lors de la Ryder Cup au Golf National de Paris où il avait apporté cinq points à l'équipe européenne. Dans la foulée, voici juste un an, il avait remporté l'Arnold Palmer Invitational sur le PGA Tour. A l'époque, rien ne résistait à son jeu de métronome et à ses approches millimétrées. Au sommet de son art, on le pensait même carrément lancé vers le trône de numéro un mondial. C'est lors du Masters d'Augusta, en 2019, que la belle mécanique de La Macchina (c'est son surnom) s'est subitement grippée. Plus précisément sur le trou n°12, ce petit par 3 ceinturé par l'eau et les bunkers. En tête du tournoi et à la lutte avec Tiger Woods, il minimisa l'impact du vent. Au lieu de tomber sur le green, sa balle termina sa course dans l'étang. Deux trous plus tard, déboussolé, il concédait un deuxième double bogey, laissant la victoire au " Tigre ". A l'analyse, Francesco Molinari ne s'est jamais remis de cette mésaventure. Exactement comme Jordan Spieth, dans des circonstances analogues, en 2016. Un peu comme si la pression si particulière du Masters pouvait dégager un parfum toxique ! Les chiffres sont implacables. Depuis un an, l'Italien n'a plus gagné le moindre tournoi. Ni sur l'European Tour, ni sur le PGA Tour. Il n'a même pas terminé une seule fois dans le top 10. Une vraie descente aux enfers, symbolisée par des statistiques très moyennes dans ses traditionnels points forts : les greens en régulation et le putting. " Il est clair que, mentalement, l'épisode d'Augusta a eu des conséquences émotionnelles. J'étais sur un petit nuage les mois précédents. Et là, soudain, quelque chose a changé ", résume Molinari. C'est ce qu'on appelle, sans doute, le burn-out des greens. Au plus haut niveau, le golf ne pardonne rien. Et il suffit d'un petit grain de sable pour déstabiliser les meilleurs swings. Dans l'absolu, le champion turinois a conservé tout son talent. Mais il a perdu la confiance. Entre deux coups, il broie du noir et se pose mille questions. Et la spirale devient infernale. Un moment n°5 mondial, il ne fait désormais plus partie du top 25. Et il n'a même pas défendu son titre, la semaine dernière, à l'Arnold Palmer Invitational, officiellement pour des douleurs au dos. Dur, dur. Heureusement, en golf, tout peut aller très vite dans les deux sens. " Je suis conscient qu'une carrière est faite de hauts et de bas. Les défaites font partie intégrante du sport. Il faut les accepter et en tirer profit ensuite ", rappelle-t-il, le regard tourné vers l'avenir. Le Masters 2020 est programmé dans un mois.