C'était la bonne nouvelle du week-end dernier: 70% des Belges seront complètement vaccinés au mois d'août! C'est le pourcentage qui a été souvent cité pour atteindre la fameuse immunité collective. Mais à nuancer car les experts estiment que ces 70% ne seront pas suffisants. Motif? Selon ces experts, il faudra vacciner davantage si l'on veut s'assurer que le variant indien du coronavirus ne provoquera pas une nouvelle vague à la rentrée.
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C'était la bonne nouvelle du week-end dernier: 70% des Belges seront complètement vaccinés au mois d'août! C'est le pourcentage qui a été souvent cité pour atteindre la fameuse immunité collective. Mais à nuancer car les experts estiment que ces 70% ne seront pas suffisants. Motif? Selon ces experts, il faudra vacciner davantage si l'on veut s'assurer que le variant indien du coronavirus ne provoquera pas une nouvelle vague à la rentrée. Cette remarque ne doit pas faire oublier les progrès colossaux réalisés en peu de temps face à un virus inconnu il y a un an. C'est même du jamais vu dans l'histoire de l'humanité. Et justement, à propos d'inconnu, ce qui interpelle les économistes, c'est ce que va devenir l'épargne des Belges. Comme vous le savez, on a beaucoup évoqué, et à raison, les difficultés des indépendants et des commerçants, mais il ne faudrait pas oublier que la majorité des salariés du privé et fonctionnaires ont pu sauvegarder leur emploi. Merci à l'Etat et au chômage temporaire. Et comme nous avons été privés de restaurants, de cinéma, de sorties culturelles et de voyages, nous avons globalement accumulé une épargne forcée évaluée à 20 milliards d'euros pour 2020. Et sans doute 30 milliards pour la fin 2021. La question des économistes est donc la suivante: que vont faire les Belges de cet argent? Vont-ils se venger d'avoir été privés des plaisirs de la vie en consommant de manière frénétique comme c'est le cas aux Etats-Unis ou en Chine? Les économistes appellent cela le revenge spending ou consommation de vengeance. Si oui, ce sera excellent pour l'économie. Mais chaque médaille a son revers et les économistes sont les champions du monde pour nous le rappeler. A peine un problème est-il résolu qu'ils pensent déjà au suivant. Aujourd'hui, par exemple, ces économistes se demandent si cette consommation de besoins réprimés ne va pas conduire à une hausse des prix. Bref, à un retour de l'inflation, avec en ricochet une possible hausse des taux d'intérêt qui serait mortelle pour nos économies. La crainte d'un retour de l'inflation n'est pas une manière de se faire peur à bon compte, car on le voit aux Etats-Unis mais aussi chez nous dans certains secteurs comme l'horeca, il y a déjà une pénurie de personnel. Et qui dit pénurie de personnel, dit hausse des salaires. Or, la vraie inflation est toujours salariale. Gardons aussi à l'esprit que tous ces commerces et ces restaurants veulent se refaire et pratiquent déjà tous de manière directe ou indirecte une hausse des prix. Difficile de les blâmer: après tout, c'est normal de vouloir "se refaire" après une crise pareille. Et puis, un peu d'inflation n'est pas mauvais, c'est juste une question de dosage. Au fond, l'inflation, c'est comme le chlore: utilisé à très haute dose, c'est un gaz de combat mortel, mais une petite goutte de chlore suffit à rendre de l'eau potable. Reste à espérer que nous serons dans le scénario de la petite goutte car si l'inflation devait déraper, bonne chance pour la contrôler. C'est comme vouloir remettre le dentifrice dans son tube d'origine.