La pièce est tirée de l'essai du sociologue français Didier Eribon et a déjà été adaptée au Varia bruxellois il y a deux ans. Eribon y raconte une actrice doublant un documentaire où l'auteur du projet décide de revenir dans sa ville natale de Reims après la mort de son père. L'histoire est pour le moins universelle puisqu'elle signifie retourner sur les lieux d'enfance alors que ceux-ci ont changé... Eribon a des comptes à régler avec sa propre histoire - dont son identité gay - mais de manière plus large, il se demande aussi pourquoi la classe ouvrière, auparavant communiste, a viré vers la droite populiste. Au-delà de l'histoire particulière de l'auteur, le metteur en scène allemand de réputation internationale, Thomas Ostermeier, raconte d'abord comment la société française et les autres glissent et changent à tel point que les natifs d'un endroit ne le reconnaissent plus 10 ou 20 ans plus tard. Question qui peut s'appliquer partout et à toute époque, ici avec un talent théâtral d'une production largement soutenue à l'international, de Berlin à Paris.

" Retour à Reims ", du 9 au 12 octobre au Théâtre de Liège, www.theatredeliege.be