Les syndicats français du rail et les élus locaux sont déjà sur le pied de guerre. Jeudi dernier, Jean-Cyril Spinetta, l'ancien patron d'Air France-KLM, a remis, comme convenu, au Premier ministre Edouard Philippe son rapport pour sortir la SNCF de ses déficits structurels. On parle d'environ 2,6 milliards d'euros par an. Ce rapport était annoncé comme explosif et sans tabou. Il l'est...

Les syndicats français du rail et les élus locaux sont déjà sur le pied de guerre. Jeudi dernier, Jean-Cyril Spinetta, l'ancien patron d'Air France-KLM, a remis, comme convenu, au Premier ministre Edouard Philippe son rapport pour sortir la SNCF de ses déficits structurels. On parle d'environ 2,6 milliards d'euros par an. Ce rapport était annoncé comme explosif et sans tabou. Il l'est ! Quelles sont les pistes proposées ? Il compte d'abord sur l'ouverture à la concurrence pour réduire les charges de la SNCF. Cette ouverture est une obligation européenne : en 2020 pour la grande vitesse, en 2023 pour les transports conventionnés. En cas de perte d'un appel d'offres par la SNCF, il préconise le transfert obligatoire des cheminots concernés vers le nouvel opérateur, mais avec maintien du salaire et des avantages comme le régime spécial de retraite. Deuxième piste : la fin de l'embauche statutaire. Aujourd'hui, 90 % des 150.000 salariés de la SNCF qui travaillent dans les activités ferroviaires sont statutaires. Jean-Cyril Spinetta propose de mettre fin au statut pour les nouveaux embauchés afin de rendre l'opérateur plus agile. Dans le même temps, il préconise des évolutions pour les statutaires déjà en place afin de réduire l'écart de compétitivité de la SNCF avec le marché. Nul doute que cette piste a fait bondir les syndicats, d'autant que Spinetta parle aussi d'un plan de départs volontaires (5.000 personnes) pour " résorber les excédents d'effectifs nés de replis d'activités ". Suivant en cela l'avis de l'Europe, l'ancien CEO propose de transformer tant la SNCF Mobilités, qui fait rouler les trains, que la SNCF Réseau qui gère les infrastructures en sociétés à capital public, afin d'éviter qu'elles continuent à s'endetter sans limite. Enfin, il veut aussi fermer les petites lignes ultra-déficitaires. Il s'oppose aussi à leur reprise par les régions, arguant que cela ne ferait que déplacer le problème.