"Consommez local " restera sans nul doute l'une des devises de 2020. Une tranquille flambée de belgitude qui, tout en visant à relancer l'économie du pays, passe également par la culture, aussi sinistrée que l'horeca. Avant un redémarrage du spectacle vivant (à l'automne ? ), ce sont les musées ou équivalents qui ramènent du monde. Et en ce week-end de Pentecôte, on a pu voir un reportage RTBF sur la réouverture de l'Atomium, dans lequel le...

"Consommez local " restera sans nul doute l'une des devises de 2020. Une tranquille flambée de belgitude qui, tout en visant à relancer l'économie du pays, passe également par la culture, aussi sinistrée que l'horeca. Avant un redémarrage du spectacle vivant (à l'automne ? ), ce sont les musées ou équivalents qui ramènent du monde. Et en ce week-end de Pentecôte, on a pu voir un reportage RTBF sur la réouverture de l'Atomium, dans lequel le sentiment des visiteurs (désormais pas plus de 150 à la fois) n'était pas si loin de la fièvre qui devait gagner La Monnaie un certain jour de 1830, malgré une ouverture pour le moment limitée " à cinq boules ", sur les six généralement accessibles au public. Une belle histoire belge, finalement. L'imposante structure de 2.500 tonnes était supposée être démontée à l'issue de l'Expo universelle de 1958, comme les autres pavillons. Mais ce démontage a été reporté d'année en année jusqu'à l'évidence : cette construction spectaculaire qui culmine à 102 mètres est devenue le symbole même de la Belgique des Trente Glorieuses. Et reconnue comme telle à l'étranger, attirant des visiteurs du monde entier. Mais au fil des décennies, ce qui ne devait être qu'un monument futuriste provisoire prend de l'âge : les sphères s'abîment et dès les années 1980, le mobilier et la déco datant de 1958 se dégradent. Il faudra, entre 2004 et 2006, une profonde rénovation intérieure et extérieure (la couverture originale des boules, en aluminium, est remplacée par de l'acier inoxydable) pour présenter une nouvelle et vaillante quinqua répondant aux exigences muséales du 21e siècle. L'Allemand Ingo Maurer (1932-2019), notamment, a réalisé un impressionnant travail. C'est lui qui a imaginé le design lumineux des tubes relayant certaines boules : une sorte de mini-voyage façon 2001, l'Odyssée de l'espace. Jusqu'à la mi-novembre, en plus de ses expos permanentes, l'Atomium présente Bruegel, A Poetic Experience, sur deux niveaux, une expo sur le peintre conçue comme autant de propositions immersives et interactives.