Chef d'orchestre. Ce terme, Xavier Corman l'emploie volontiers pour définir son statut du moment en tant qu'entrepreneur de start-up. Le projet numérique My-Stand.com qu'il est en train de concrétiser n'est autre qu'une place de marché réunissant les entreprises et les créateurs de stands pour les foires et salons. Mais elle n'en est qu'à ses tous débuts : l'idée née en fin d'année passée n'a abouti à la constitution d'une société qu'en février. Et même s'il a levé des fonds, Xavier Corman n'a pas encore engagé ses premiers employés. " On en est en phase de test d'un produit minimum viable ( MVP dans le jargon, Ndlr), détaille le fondateur de My-Stand.com. Nous n'avons donc pas, à ce stade, de certitude sur la traction commerciale du projet ni sur la possibilité de réels développements. Il faut donc minimiser les risques. Du coup, j'ai constitué une équipe plutôt composée de freelances ou des sous-traitants avec des contrats de mission. Je ne commencerai à engager les premiers employés que lorsqu'on sentira une première vraie traction commerciale ". Comprenez : une fois que la start-up aura commencé à séduire les premiers clients...
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Chef d'orchestre. Ce terme, Xavier Corman l'emploie volontiers pour définir son statut du moment en tant qu'entrepreneur de start-up. Le projet numérique My-Stand.com qu'il est en train de concrétiser n'est autre qu'une place de marché réunissant les entreprises et les créateurs de stands pour les foires et salons. Mais elle n'en est qu'à ses tous débuts : l'idée née en fin d'année passée n'a abouti à la constitution d'une société qu'en février. Et même s'il a levé des fonds, Xavier Corman n'a pas encore engagé ses premiers employés. " On en est en phase de test d'un produit minimum viable ( MVP dans le jargon, Ndlr), détaille le fondateur de My-Stand.com. Nous n'avons donc pas, à ce stade, de certitude sur la traction commerciale du projet ni sur la possibilité de réels développements. Il faut donc minimiser les risques. Du coup, j'ai constitué une équipe plutôt composée de freelances ou des sous-traitants avec des contrats de mission. Je ne commencerai à engager les premiers employés que lorsqu'on sentira une première vraie traction commerciale ". Comprenez : une fois que la start-up aura commencé à séduire les premiers clients... Du coup, pour l'instant, Xavier Corman reste seul dans la barque, sous-traitant l'essentiel des développements actuels. En ce compris l'IT de la plateforme, l'un des coeurs mêmes du projet. " J'ai fait le choix de travailler avec la société Exthand, qui fait tout de A à Z au niveau de l'IT ", admet Xavier Corman. Une décision curieuse, alors que la place de marché en ligne constituera l'un des assets les plus importants de la start-up. Mais un choix que l'entrepreneur a effectué pour plusieurs raisons. La prudence d'abord. " Sur le court terme, cela permet de développer une première base de la plateforme, détaille Xavier Corman, et de voir comment cela prend auprès du public concerné. " La sous-traitance lui permet ainsi une certaine flexibilité qu'il ne pourrait se permettre dans le cadre d'un engagement in house. De plus, enchaîne Xavier Corman, " cela permet de travailler avec des gens qui ont déjà une grosse expertise, ce qui fait gagner beaucoup de temps. Ils ont déjà réalisé des places de marché et des projets compliqués et sont, dès lors, en mesure d'apporter une vision long terme. En effet, leur expérience permet de créer un MVP dont les fondations peuvent tenir en cas de croissance et peuvent resservir lors des développements futurs ". Et de faire la comparaison avec la construction d'une maison : " l'équipe de sous-traitants avec laquelle je travaille est capable de créer des fondations en béton sur lesquelles on place, pour l'instant, une maison en bois. Plus tard, quand la maison sera elle-même aussi en béton, tout tiendra ". La méthode n'est pas propre à Xavier Corman : la plupart des créateurs de start-up se trouvent face à ce choix de développement quand ils démarrent. " La question se pose systématiquement, observe Roald Sieberath, venture partner et coach chez LeanSquare. Ce n'est pas une règle générale mais pour un entrepreneur aguerri qui se lance dans un nouveau projet et qui veut limiter sa prise de risque, recruter un développeur junior n'a souvent pas de sens et peut même se révéler inefficient. Une agence dispose généralement de développeurs qui ont déjà sué sur de nombreux projets et alignent une longue expérience. Leur productivité est forte et permet de gagner du temps et de l'efficacité. " Par ailleurs utiliser une agence permettrait, à en croire le fondateur de My-Stand.com, de faire l'impasse sur la fastidieuse tâche du recrutement. " Trouver des talents de développeur n'a rien de simple, soutient-il. Cela aurait pris plusieurs mois alors qu'ici, il n'en aura fallu que quatre à Exthand pour sortir le MVP dont j'ai besoin... " Pour l'entrepreneur, le plus important reste de toute façon de garder la main : posséder l'IP (la propriété intellectuelle) et pouvoir reprendre les développements à tout moment si cela s'avère nécessaire. Car, bien sûr, si My-Stand.com obtient la " traction " souhaitée (c'est-à-dire si l'intérêt du secteur se matérialise), nul doute que la start-up reprendra à son compte les développements, en interne, avec une équipe dédiée. Toutefois, cette approche n'est pas forcément du goût de tout le monde. Elle n'est pas celle qui privilégie le duo Philippe Van Ophem et Renaud Gryspeerdt (ex- My-Shopi, Picker, etc.). " Je ne crois pas dans l'idée d'externaliser un point aussi central que sa plateforme, souligne Philippe Van Ophem. Beaucoup le font, mais travailler avec une agence pourrait placer la start-up dans une relation de dépendance. Imaginez un peu : dès qu'il faut opérer des changements, et ils sont nombreux au fur et à mesure de l'évolution d'un projet, vous êtes tributaire des plannings de votre sous-traitant... Dans les start-up lancées avec Renaud, nous avons toujours privilégié des développeurs en interne, ou des freelances avec qui on s'inscrit dans la durée, parce que cela permet de créer un know-how qui nous est propre. Même si des développeurs quittent la boîte, l'équipe peut alors conserver une connaissance des choix et de l'historique. " Le serial entrepreneur admet toutefois que " tactiquement, le choix de Xavier Corman, que nombre d'autres entrepreneurs font également quand ils lancent un projet, se justifie. S'il s'agit de lancer un MVP simple pour valider qu'il y a un marché, cela peut avoir du sens parce que cette approche, avec une agence spécialisée, est plus rapide. Mais par la suite, l'internalisation me semble s'imposer ". Par ailleurs, en marge des développements IT de la plateforme, viennent se greffer tous les efforts nécessaires pour faciliter l'expérience utilisateur. " Il faut que le site pousse à aller plus loin, incite le visiteur à commencer à l'utiliser en exprimant ce qu'il recherche, détaille Xavier Corman. La difficulté consiste donc à ne pas perdre le surfeur : celui qui ferme sa fenêtre ou passe à autre chose est perdu. " Pour parvenir au meilleur résultat possible, l'entrepreneur a donc aussi décidé de sous-traiter la partie " UX " comme on dit dans le jargon, c'est-à-dire toute la partie design et expérience utilisateur à une seconde agence, en marge d'Exthand. Il a choisi une firme basée en Hongrie qui affiche une série de belles références, y compris en Belgique. " J'ai évidemment fait valider le choix par l'agence de développeurs puisque les deux entreprises devront travailler ensemble, fait remarquer le fondateur de My-Stand.com. Du coup, ma mission, pour l'instant, ressemble surtout à du project management. Il s'agit de m'assurer que chacun avance au bon rythme sans risquer de bloquer les autres ". Car la deadline commence à se rapprocher. La plateforme numérique de My-Stand.com doit être prête d'ici quelques jours : le temps de la faire tester puis de la lancer, le 20 avril...