Il n'y a pas si longtemps, le gadget le plus intelligent que l'on pouvait trouver dans une maison dite "connectée" était un distributeur de glaçons encastré dans un frigo. Pour d'aucuns, la smart home sert encore à piloter les volets roulants à distance, quand son intérêt premier est d'économiser l'énergie, d'apporter du confort et d'automatiser le logement. Heureusement, les appareils d'intérieur ont désormais les cerveaux qu'ils méritent. Et comme nos vies sont devenues très casanières depuis le confinement, l'heure est venue d'"upgrader" sa maison et son bureau.
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Il n'y a pas si longtemps, le gadget le plus intelligent que l'on pouvait trouver dans une maison dite "connectée" était un distributeur de glaçons encastré dans un frigo. Pour d'aucuns, la smart home sert encore à piloter les volets roulants à distance, quand son intérêt premier est d'économiser l'énergie, d'apporter du confort et d'automatiser le logement. Heureusement, les appareils d'intérieur ont désormais les cerveaux qu'ils méritent. Et comme nos vies sont devenues très casanières depuis le confinement, l'heure est venue d'"upgrader" sa maison et son bureau. Désormais, les équipements les plus simples de la maison (éclairage, chauffage, TV) se dirigent avec la voix ou d'un simple geste. Les assistants vocaux y sont pour beaucoup, mais le progrès ne s'arrête pas là. La smart home prend un nouveau virage. "L'homme commande encore la plupart des machines, mais le véritable enjeu, c'est le self-learning, analyse l'Américain Colin Angle, pionnier de la robotique connectée et cofondateur de la société iRobot. Désormais, tout notre savoir-faire repose sur des solutions qui permettent aux objets d'apprendre et d'anticiper nos habitudes." Fin août, le fabricant du célèbre Roomba, le premier aspirateur autonome inventé il y a déjà 18 ans, a annoncé qu'il lançait de nouveaux produits intégrant sa plateforme " Genius Home Intelligence ". Une sérieuse mise à jour du QI de ses produits connectés - avec de nouvelles fonctionnalités et de nouvelles expériences - qui les fait entrer dans une autre dimension. Cette nouvelle matière grise ne permet pas seulement aux robots de cartographier les maisons, de comprendre les commandes vocales, d'identifier des pièces et des zones distinctes et de couvrir ces dernières à des moments précis. Elle en fait surtout de véritables majordomes technologiques et autonomes, qui interviennent dans la maison grâce à un incroyable niveau de personnalisation. En tenant compte du caractère unique de chaque maison, des horaires, des préférences de nettoyage et des habitudes de vie de ses habitants et de l'intégration avec les appareils intelligents déjà présents. " Aujourd'hui, les robots font partie intégrante de notre quotidien, rappelle Colin Angle à Trends-Tendances. Mais on s'est rendu compte que la seule chose qui leur manquait, c'était de pouvoir nous comprendre, d'anticiper nos besoins et de pouvoir discuter avec nous. C'est ce sur quoi nous avons travaillé ces dernières années." Une fois mis à niveau, les appareils iRobot peuvent ainsi être connectés avec la maison intelligente et passer l'aspirateur automatiquement lorsque le propriétaire a quitté l'appartement, s'il le souhaite. "L'aspirateur n'apprend pas seulement à distinguer une cuisine d'une salle à manger, mais il sait à quelle heure vous partez au travail, vers quelle heure vous mangez ou à quel moment vous partez faire votre jogging. C'est dans ces moments propices - ces routines auxquelles vous ne prêtez même plus attention - qu'il a la voie libre pour se mettre au travail", explique-t-il. Les utilisateurs peuvent programmer des routines intelligentes. Par exemple, alors que le Roomba peut " simplement " passer l'aspirateur sous la table à manger après le dîner, l'aspirateur intelligent apprendra, lui, à le faire proactivement et suggérera de s'occuper plus souvent des endroits où il trouve beaucoup de saleté. " Ce n'est plus un aspirateur connecté, mais un robot collaboratif, insiste Colin Angle. Sa nouvelle mission: rendre votre foyer ou votre bureau domestique parfaitement sain, sur le plan de l'hygiène. Nos derniers modèles sont ainsi capables de purifier l'air qu'ils aspirent et de neutraliser la plupart des allergènes et des bactéries présentes dans nos chaumières. " De nouvelles fonctions stimulées par la pandémie? Oui, sans équivoque. Et bien que Colin Angle n'entre pas dans les détails, il mentionne déjà le potentiel d'un plus grand nombre de services - pas nécessairement liés au nettoyage. " Un robot aspirateur ne sert pas qu'à nettoyer. Avec la technologie qu'il embarque, il pourrait par exemple créer des cartes de température ou d'humidité d'une maison. Vous imaginez l'impact que ça peut avoir sur votre chauffage, vos économies d'énergie et même sur votre santé? ", sourit-il. Personnalisation, hygiène, gestion plus rationnelle de l'énergie... Le marché de la maison intelligente, axé jusqu'alors sur la sécurité, voit apparaître des objets qui valorisent le confort. Avec en ligne de mire, la possibilité d'une maison qui s'auto-gère, pour le bien-être et le portefeuille de ses habitants. Cette vision, c'est aussi le nouveau cheval de bataille de l'électricien belge Niko. " Si à Bruxelles et en Wallonie, le déploiement des panneaux photovoltaïques a rendu de nombreux habitats plus autonomes en énergie, la nécessité de contrôler intelligemment les appareils ménagers devient une nouvelle priorité, explique Geert Van Den Eeckhaut, spécialiste smart home chez Niko. Notamment pour éviter les pertes fantômes d'énergie, mais aussi pour réduire le recours au réseau de distribution d'électricité." Grâce au boîtier Niko Home Control et à ses prises connectées, il est ainsi possible d'observer sur un écran tactile ou votre smartphone quelle quantité d'énergie consomme votre maison, à tout moment de la journée, et quel est le rendement des panneaux solaires. Faciles à installer, les interrupteurs, les prises de courant et les fiches intelligentes de Niko se branchent sur l'installation électrique déjà existante. Elles peuvent être surveillées 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Et depuis peu, elles existent aussi en version plug-and-play. "Grâce à ces produits, il est possible de mesurer avec précision la consommation d'énergie de vos appareils, en temps réel. Non seulement c'est utile en cas d'utilisation invisible (lorsque l'appareil est en "mode veille"), mais cela peut aussi mettre en évidence sa vétusté, poursuit Geert Van Den Eeckhaut. Il devient alors très facile de dépister les appareils gaspilleurs d'énergie, de les éteindre à distance ou de programmer leur mise en veille automatique quand vous quittez la maison." Cette personnalisation des rapports homme/machine ne se limite pas aux aspirateurs ou aux hubs domotiques. Les appareils de cuisine intelligents LG, tels que le réfrigérateur InstaView ThinQ ou la gamme de fours EasyClean, offrent ainsi de nouvelles formes de convivialité. En frappant deux fois sur l'écran, l'écran tactile du frigo se transforme en une fenêtre transparente permettant de voir l'intérieur du réfrigérateur. Encore mieux, grâce à des caméras nourries à l'intelligence artificielle, les aliments placés à l'intérieur ou retirés du réfrigérateur sont identifiés en temps réel. Ce réfrigérateur intelligent propose aussi des recettes à partir des informations récupérées. Une fois la recette choisie, il envoie automatiquement les informations au four connecté à Alexa, qui guide verbalement le cuisinier pour chaque étape de la recette. De plus, le réfrigérateur InstaView ThinQ propose un système simplifié de gestion alimentaire grâce à la plateforme webOS de LG et la technologie de reconnaissance vocale Alexa. En effet, cette fonctionnalité permet l'ajout d'autocollants et d'étiquettes virtuelles sur les fruits et légumes, mais aussi de déclencher des alertes lorsque la date d'expiration d'un aliment est proche. Chez le concurrent Samsung, le frigo Family Hub est même capable de commander automatiquement les produits que vous avez l'habitude de consommer et qui pourraient venir à manquer. Si auparavant, il était possible de connaître à distance le contenu du frigo via l'application dédiée, la nouveauté, relève Samsung, est que l'utilisateur peut désormais recevoir des notifications car la caméra identifie automatiquement les produits qui vont venir à manquer. La solution, développée par la start-up Whisk - acquise par Samsung en 2019 - permet donc aux utilisateurs de créer une liste de courses intelligentes et de recevoir des suggestions de recettes adaptées. Autre nouveauté: l'écran tactile intégré prend désormais en charge les vidéos et musiques en streaming, pilotables à la voix. Pour Thomas Husson, analyste au cabinet Forrester, qui étudie l'impact des technologies dans le monde des affaires, " les interfaces conversationnelles et leurs écosystèmes associés d'intelligence artificielle sont aujourd'hui les nouveaux champs de bataille entre les géants du numérique. Amazon était le leader incontesté sur ce front il y a quelques années, mais Google sera probablement beaucoup plus visible à l'avenir, et un fabricant comme Samsung n'a d'autre choix que de démontrer ce que peut apporter Bixby ( son assistant vocal, Ndlr), s'il veut rester dans la course". Reste un verrou à passer: celui des craintes de l'utilisateur. Mais Geert Van Den Eeckhaut, chez Niko, relativise: " Entre le consommateur et la maison intelligente, il y a une relation proche de l'attraction/répulsion. Au début, les gens sont fascinés, puis ils prennent peur à l'idée de ce que cela implique. Et si ma maison prenait le pouvoir? Il faut rassurer et expliquer: il y a toujours un homme qui définit 'sa' norme de confort. Et ça ne changera pas. "