Trois lettres, un slogan et un symbole encore mystérieux... " DAB+, ma radio en mieux ", promet la campagne. Oui, mais mieux comment ? La DAB+ a fait son entrée en grande pompe, au Royaume, en novembre dernier. Outre-Quiévrain, on l'appelle RNT, pour " radio numérique terrestre ", peut-être plus parlant que ce " Digital Audio Broadcasting ". Reste qu'il s'agit de la même technologie : un signal sonore capté gratuitement via les ondes, à l'instar de la bonne vieille FM, sauf qu'il est cette fois numérique.
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Trois lettres, un slogan et un symbole encore mystérieux... " DAB+, ma radio en mieux ", promet la campagne. Oui, mais mieux comment ? La DAB+ a fait son entrée en grande pompe, au Royaume, en novembre dernier. Outre-Quiévrain, on l'appelle RNT, pour " radio numérique terrestre ", peut-être plus parlant que ce " Digital Audio Broadcasting ". Reste qu'il s'agit de la même technologie : un signal sonore capté gratuitement via les ondes, à l'instar de la bonne vieille FM, sauf qu'il est cette fois numérique. A première vue, rien ne distingue un récepteur DAB+ d'un poste de radio standard, si ce n'est un écran intégré à l'appareil qui permet d'afficher textes, images fixes, schémas... en complément du programme sonore. Après quelques minutes d'utilisation, on comprend pourtant l'intérêt de ce système de diffusion sans équivalent, qui fait plonger le monde de la radio directement dans celui du multimédia. Un peu comme la FM (ou modulation de fréquence), le digital audio broadcast permet d'accéder à la radio dans la rue comme chez soi. Mais gratuitement puisque, contrairement aux " webradios ", il ne faut pas disposer de connexion internet pour recevoir le DAB+; juste d'un poste de radio adapté. Comme la FM, le DAB+ véhicule donc la musique par la voie des ondes, mais en ajoutant une étape : la musique est d'abord convertie en informations numériques avant de voyager dans les airs. Le format numérique offre la possibilité d'accompagner la musique d'informations riches, comme la photo de la couverture d'un album. Avec un solide avantage sur les webradios : les usagers du DAB+ sont anonymes. On n'est pas tracé par Google ou Facebook. Les postes de réception sont incapables de faire remonter des informations sur leurs utilisateurs. Bonus écolo : moins d'antennes et moins de rayonnement électromagnétique - en comparaison avec la FM -, cela équivaut aussi à une consommation moindre en électricité. Le DAB+ fait-il vraiment progresser la qualité audio ? Il surprend avant tout par le confort d'écoute qu'il procure. La transmission en stéréophonie de la voix et de la musique sous forme numérique n'est pas perturbée par les parasites ou les grésillements liés à la diffusion analogique. Conséquence directe, la réception des programmes, en voiture notamment, n'est pas interrompue par les décrochages ou les passages inopinés d'une fréquence à une autre. Les chaînes apparaissent également par ordre alphabétique : il n'est donc plus nécessaire de connaître une fréquence par coeur pour pouvoir écouter sa radio préférée sur un poste. A l'oreille, la " dynamique " est presque équivalente à celle du disque compact. Sauf que le DAB+ compresse le son pour réduire le canal de transmission dans lequel il voyage, en éliminant au passage quelques détails sonores. Un peu comme le MP3, même si la technologie employée n'est pas la même. Mais si l'on est un peu puriste, la compression du signal sonore se fait sentir. Car le niveau de compression employé par le DAB+ en Belgique, comme dans d'autres pays, est assez franc. Le débit du flux audio est ramené à 80 kbit/s. Faut-il une radio spécifique pour en profiter ? Oui, et seule une petite minorité de ménages sont aujourd'hui équipés de radios capables de recevoir le signal DAB+. Les postes ordinaires ne sont pas compatibles, même si certaines radios haut de gamme récentes en sont équipées, parfois sans que leur propriétaire le sache. Le prix postes DAB+ commence à 30 euros, et l'on trouve des modèles de marques réputées dès 50 euros. Le politique a par ailleurs imposé aux constructeurs qu'à partir du 1er janvier 2021, toutes les voitures devront être équipées pour recevoir les chaînes DAB+. Pour l'heure, 20% seulement des voitures neuves sont équipées d'autoradios compatibles DAB+. A quand la mort de la FM ? " Ça prendra des dizaines d'années, assure le Conseil supérieur de l'audioviosuel, l'instance qui organise le secteur en Belgique francophone. On n'a pas besoin d'éteindre la FM pour allumer le DAB+ " Mais le Digital Audio Broadcasting, dont les premiers essais remontent déjà à 1987, devrait progressivement reléguer la bonne vieille onde FM au rayon des antiquités. En Norvège, c'est déjà fait : la FM a cessé d'émettre en 2017. En Suisse, c'est programmé pour fin 2024. Chez nous, les radios n'avancent pas de date, mais vantent une étape aussi importante que l'arrivée de la modulation de fréquence et de la stéréophonie dans les années 1950 ou, plus près de nous, le passage du disque compact numérique au MP3.