Depuis bientôt quatre ans, le trentenaire Fabrice Murgia a pris les rênes du Théâtre National sans pour autant oublier son premier métier, celui d'acteur-metteur en scène, privilégiant la transversalité entre les genres artistiques. Une transversalité que l'on retrouve dans Sylvia, créé en sep...

Depuis bientôt quatre ans, le trentenaire Fabrice Murgia a pris les rênes du Théâtre National sans pour autant oublier son premier métier, celui d'acteur-metteur en scène, privilégiant la transversalité entre les genres artistiques. Une transversalité que l'on retrouve dans Sylvia, créé en septembre 2018 au National et repris ces jours-ci à Namur : une ode à la poétesse américaine Sylvia Plath, suicidée en 1963 à l'âge de 30 ans. Auteure de textes où le féminisme prend une place d'importance, Sylvia Plath a composé une oeuvre traversée par les fulgurances littéraires, celles notamment du roman autobiographique The Bell Jar publié l'année de sa mort sous le pseudonyme de Victoria Lucas. Fabrice Murgia s'empare de ce trajet foudroyant en mêlant danse (avec la compagnie Artara), images filmées en live et musique. C'est là qu'intervient An Pierlé, l'Anversoise de Gand qui travaille à même la représentation, en live, avec trois autres musiciens dans une veine agréablement nourrie de pop et de jazz. Argument important dans la réussite globale de Sylvia, le talent de Pierlé a peut-être ici bénéficié de la connexion Van Dormael : la compositrice flamande s'était chargée de la bande originale du Tout Nouveau Testament en 2015, et c'est précisément la fille de Jaco, la camérawoman/directrice photo Juliette Van Dormael, qui capte ici avec un complice les images live du spectacle en temps réel.