La technique du bouc émissaire est vieille comme le monde. Le déficit budgétaire que le gouvernement avait promis de résorber étant toujours présent, il faut bien, en période pré-électorale, pointer du doigt des " coupables ". Pour notre ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), ce sont les Bruxellois et les Wallons, accusés de ne pas travailler...

La technique du bouc émissaire est vieille comme le monde. Le déficit budgétaire que le gouvernement avait promis de résorber étant toujours présent, il faut bien, en période pré-électorale, pointer du doigt des " coupables ". Pour notre ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), ce sont les Bruxellois et les Wallons, accusés de ne pas travailler assez. " Si davantage de personnes se mettaient au travail dans ces Régions, notre déficit budgétaire serait résolu ", vient-il ainsi de déclarer à la télévision. Conforté par les chiffres - le taux d'activité en Flandre est de 76 %, soit 9% de plus qu'en Wallonie et 11% de plus qu'à Bruxelles -, ce bombement de torse est sans doute électoralement rentable. Mais pour peu que l'on regarde plus loin que le clocher de son village, il faut bien constater que la Flandre est loin d'être aussi bon élève que proclamé. Dans la plupart des pays qui l'entourent, observe Stijn Baert, professeur d'économie du travail à l'université de Gand, le taux d'activité lui est supérieur : 80 % en Allemagne, 79 % aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Seule la France (73 %) fait moins bien. Dans son discours du 11 juillet dernier, le ministre-président Geert Bourgeois avait réaffirmé sa volonté de voir la Région porter son taux d'emploi à 80 % afin de " faire vraiment partie du top européen ". Poussant plus loin son analyse, le professeur relève que dans certaines tranches d'âge qui posent problème, tels les 55-64 ans, la Flandre se trouve même à la traîne. En Belgique, c'est en effet dans le Brabant wallon que les 55-64 ans sont les plus actifs avec six représentants sur dix au travail contre cinq en moyenne en Flandre. Et avec 45,8 % de 55-64 ans au travail, le Limbourg ne laisse derrière lui que la seule province de Hainaut (39,6 %).