Les trois niveaux du BAM (Beaux-Arts de Mons) posent la chronologie de deux siècles de création, où la peinture se taille la part du lion. Même si les couleurs, volontiers sombres, révèlent l'historique ambiance charbonneuse de ce coin de Pays Noir, l'expo ne se drape pas d'un message socio-politique unilatéral. Il y a forcém...

Les trois niveaux du BAM (Beaux-Arts de Mons) posent la chronologie de deux siècles de création, où la peinture se taille la part du lion. Même si les couleurs, volontiers sombres, révèlent l'historique ambiance charbonneuse de ce coin de Pays Noir, l'expo ne se drape pas d'un message socio-politique unilatéral. Il y a forcément des traces du passé minier et ouvrier, notamment dans les toiles de Pierre Dequêne, Marius Carion ou Cécile Douard - un nom à retenir - mais comme souvent, c'est l'inattendu qui emporte le morceau. Notamment via le travail d'Anto Carte (1886-1954), fondateur du groupe Nervia voulant favoriser " l'art wallon " : entre expressionnisme et symboliste, ses fresques possèdent une gravité intemporelle, faite de chair et de grâce, laissant des traces qui fonctionnent aussi en 2020. Si l'on reste assez froid vis-à-vis des expressions picturales plutôt criardes de Charles Szymkowicz (1948), on éprouve davantage d'étonnement et de plaisir face à ses contemporains sculpteurs. Notamment devant les corps en résine de Paule Heria, les personnages décalés de Christian Leroy ou la cruauté physique de Roland Dubois, réussissant un mix d'hyperréalisme et de poésie narrative. Quant aux tendances les plus actuelles de la filiation montoise, installées en sous-sol, on en pointe l'éclectisme notoire. Quel rapport entre le néo- primitivisme de Jean-François Octave et le look serial-killing de Pierre Liebaert ? Pas grand-chose si ce n'est que cet art wallon-là, remplit plutôt bien sa mission : surprendre, interroger et néanmoins divertir.