Pendant le plus clair de l'année 2020, les autorités du monde entier ont parlé de la pandémie avec un ton combatif. Les responsables du monde politique et de la santé voulaient "éradiquer" le nouveau coronavirus et "écraser" les courbes de l'épidémie. Or, ce minuscule bout d'ARN qui, en quelques mois, a tué des centaines de milliers de personnes, ébranlé l'économie mondiale et réduit à néant des années de progrès contre la pauvreté, poursuit son petit bonhomme de chemin. Même si les vaccins arrivent, il sera bien difficile de vacciner toute la planète jusque dans ses moindres coins et recoins. Aussi un ton plus conciliant est-il de mise. En 2021, l'humanité continuera d'apprendre à vivre avec le virus. Et elle trouvera des modes de cohabitation moins éprouvants. Les bases resteront les mêmes: masques et lavage des mains à longueur de temps. Dans les lieux publics, les gens s'éviteront sans même y penser. Mais en cette deuxième année de pandémie, il faut s'attendre à de grands changement...

Pendant le plus clair de l'année 2020, les autorités du monde entier ont parlé de la pandémie avec un ton combatif. Les responsables du monde politique et de la santé voulaient "éradiquer" le nouveau coronavirus et "écraser" les courbes de l'épidémie. Or, ce minuscule bout d'ARN qui, en quelques mois, a tué des centaines de milliers de personnes, ébranlé l'économie mondiale et réduit à néant des années de progrès contre la pauvreté, poursuit son petit bonhomme de chemin. Même si les vaccins arrivent, il sera bien difficile de vacciner toute la planète jusque dans ses moindres coins et recoins. Aussi un ton plus conciliant est-il de mise. En 2021, l'humanité continuera d'apprendre à vivre avec le virus. Et elle trouvera des modes de cohabitation moins éprouvants. Les bases resteront les mêmes: masques et lavage des mains à longueur de temps. Dans les lieux publics, les gens s'éviteront sans même y penser. Mais en cette deuxième année de pandémie, il faut s'attendre à de grands changements dans trois domaines: le dépistage, la quarantaine et la distanciation physique. Les tests rapides et bon marché seront partout. Contrairement aux tests PCR réalisés en laboratoire, capables de déceler la moindre trace du matériel génétique du virus, les tests antigéniques, moins coûteux, recherchent certaines parties du virus et les détectent lorsqu'elles sont présentes en grande quantité. Aujourd'hui, certains des meilleurs tests antigéniques passent encore à côté d'un quart des infections (on pense cependant que ces faux négatifs correspondent à un stade où les gens sont moins contagieux, voire plus du tout). Mais il existe des tests antigéniques qui se font en 15 minutes avec des appareils de la taille de la paume de la main ou des kits à 5 dollars similaires aux tests de grossesse que l'on fait chez soi. Avec plus de 80 tests de ce genre dans les tuyaux, la précision ira s'améliorant, les prélèvements seront moins pénibles (on utilisera des écouvillons moins longs ou de la salive, par exemple) et les prix chuteront à 1 dollar le test. D'ici la mi-2021, des tests rapides remplaceront la prise de température dans les aéroports (de toute façon inutile). Les employeurs, les écoles et les salles de spectacles les utiliseront régulièrement pour dépister les personnes contaminées. Certains d'entre nous ajouteront probablement un test à leur routine du matin ou du soir. Cela dit, il sera peut-être encore nécessaire de réaliser un test PCR, plus précis, pour confirmer un résultat positif. Et un résultat négatif ne suffira pas à garantir que vous pouvez aller faire un bisou à votre mamie. Toujours est-il que beaucoup d'infections seront détectées plus rapidement. L'effet secondaire de ces tests à bas prix qui peuvent se faire à la maison, ce sera que bon nombre, si ce n'est la plupart, des personnes infectées resteront sous le radar des systèmes de dépistage et de traçage. Dans une bonne partie de l'Europe et des Etats-Unis, la confiance en ces systèmes est de toute façon irrémédiablement rompue. Aujourd'hui, les gouvernements peuvent seulement espérer que les personnes qui se savent infectées feront ce qu'elles doivent faire - alerter leurs contacts proches et s'isoler autant que faire se peut. Quant aux personnes asymptomatiques, peut-être que si un test leur dit, jour après jour, qu'elles sont positives, elles seront davantage enclines à rester chez elles que si c'est une application de traçage qui leur demande de le faire. Côté quarantaine, beaucoup de pays emboîteront sans doute le pas à la Belgique ou à la Suède, qui en ont réduit la durée de 15 jours à une semaine pour inciter la population à la respecter. On expliquera aux gens qu'ils peuvent encore présenter un (moindre) risque pour les autres au cours de la semaine suivante - et qu'ils doivent éviter pendant cette durée d'entrer en contact avec des personnes âgées notamment. Les autorités chargées de surveiller les personnes en quarantaine seront plus disposées à les laisser sortir faire quelques activités peu risquées - comme une promenade au parc tôt le matin, quand il y a peu de monde. Dans la même veine, côté vie sociale, de nombreux gouvernements laisseront plus d'autonomie à leurs citoyens. Finies les règles alambiquées sur qui peut voir qui, quand, où et comment. A la place: des principes simples que les gens appliqueront comme ils l'entendent. Par exemple, on recommandera aux populations, comme au Japon, d'éviter les foules, les contacts rapprochés et les espaces confinés. Lorsqu'ils voient leurs amis et leur famille, on leur conseillera, comme au Canada, de se retrouver en groupes plus petits, pendant moins longtemps et dans des espaces plus grands. Tout cela devrait rendre cette deuxième année de pandémie un peu plus supportable que la première. Voilà une bonne nouvelle à arroser - en petit comité, évidemment.