En 1740, la tension entre une Espagne affaiblie et l'Angleterre est à son comble. Cette dernière est en train de s'imposer sur les mers grâce à la Royal Navy. Profitant de son ascendant, la Grande- Bretagne déclare la guerre à l'empire espa-gnol en attaquant ses comptoirs sud-américains et envoie une expédition tenter de s'emparer du fameux "galion de l'or"...

En 1740, la tension entre une Espagne affaiblie et l'Angleterre est à son comble. Cette dernière est en train de s'imposer sur les mers grâce à la Royal Navy. Profitant de son ascendant, la Grande- Bretagne déclare la guerre à l'empire espa-gnol en attaquant ses comptoirs sud-américains et envoie une expédition tenter de s'emparer du fameux "galion de l'or" de Manille, route qui relie son rival à ses possessions asiatiques. C'est de cette expédition dont il est question dans Le voyage du Commodore Anson, récit de voyage adapté du vrai journal de bord du commandant de l'escadre britannique. Où l'on découvre que pour les 2.000 marins (officiers compris), la vie à bord de ces coques de noix était un véritable enfer. Seules l'inconscience de ce qui les attendait et la promesse de gloire et de richesse pouvaient pousser des hommes à s'engager dans pareille aventure alors qu'ils avaient surtout rendez- vous avec la promiscuité, le scorbut, les fièvres et souvent la mort.... Le trait nerveux et rugueux du dessinateur Matthieu Blanchin est parfaitement adapté pour décrire la crudité des situations et la rudesse de la vie à bord ; on suffoque dans les cales mal aérées, sous le soleil d'une plage de la côte Pacifique et on grelotte dans l'hiver austral au passage du cap Horn. Certes, on n'est pas dans l'hyperréalisme des Passagers du vent, mètre étalon de la bande dessinée maritime historique, mais le présent récit n'en est pas moins excellent. D'autant que l'adaptation du journal qu'en fait le scénariste Christian Perrissin est à l'image du dessin: dynamique et riche en rebondissements tout en conservant la trame et la maquette de l'édition originale de 1748.