Emmanuel Macron a donc réussi l'impensable : prendre les leviers du pouvoir avec un parti politique qui n'existait pas il y a un an à peine. Les résultats du premier tour des législatives lui donnent même une vraie majorité pour gouverner sans entraves. Comment s'y est-il pris ? En cassant tous les codes d'une " profession politique " jusque-là très réglementée, selon nos confrères du Nouvel Obs : " A l'image de ces grosses entreprises ...

Emmanuel Macron a donc réussi l'impensable : prendre les leviers du pouvoir avec un parti politique qui n'existait pas il y a un an à peine. Les résultats du premier tour des législatives lui donnent même une vraie majorité pour gouverner sans entraves. Comment s'y est-il pris ? En cassant tous les codes d'une " profession politique " jusque-là très réglementée, selon nos confrères du Nouvel Obs : " A l'image de ces grosses entreprises concurrencées par l'émergence soudaine d'une start-up, les socialistes se sont lourdement trompés sur son compte parce qu'ils ont été incapables de comprendre ce qui se passait. Ils ont donc réagi comme des rentiers. " A l'image de ces compagnies de taxis qui n'ont pas vu venir la plateforme Uber, le PS et les autres partis traditionnels ont réagi violemment contre Uber-Macron. D'abord en niant la possibilité d'un renouveau politique. En niant ensuite la réalité du mouvement En Marche. Le PS a même été jusqu'à nier sa légitimité. Souvenez-vous des attaques disant que Macron n'avait pas respecté les codes - on se demande bien lesquels - et avait fait un hold-up politique alors que, comme Uber, Macron a tout simplement proposé, selon le Nouvel Obs, " une nouvelle offre : plus simple (un clic suffit pour s'inscrire à son mouvement En Marche ! ), moins chère (pas de cotisation, contrairement au PS), plus participative (pas de catéchisme révolutionnaire à respecter) et plus connectée (une organisation pensée en réseau, plutôt qu'en pyramide) ". Bref, Macron a ubérisé le système politique. Avec pour corollaire que les partis traditionnels sont ruinés ! En effet, la claque du premier tour n'est pas seulement politique, elle est aussi financière pour les socialistes, les républicains et les nationalistes. Avec presque 6 millions d'électeurs en moins et raboté de quelque 250 députés, le PS a en effet perdu 17 millions d'euros de financement public. A l'inverse, pour le mouvement En Marche, c'est le jackpot. A 1,42 euro de subvention par voix obtenue, soit 6,3 millions d'euros pour le premier tour, et à raison de 37.700 euros par an et par député, le mouvement En Marche aura été, selon Les Echos, " le placement de l'année ". AMID FALJAOUI