L'événement aurait dû avoir lieu cette semaine, mais un méchant virus en a décidé autrement. Destructeur, le Covid-19 a eu raison de nombreuses manifestations à travers le monde dont la troisième édition des Influencer Awards à Monaco. La cérémonie n'est pas enterrée pour autant. Elle a "simplement" été postposée au mois de janvier, en espérant toutefois qu'un coup de théâtre ne vienne pas à nouveau bousculer l'agenda.
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L'événement aurait dû avoir lieu cette semaine, mais un méchant virus en a décidé autrement. Destructeur, le Covid-19 a eu raison de nombreuses manifestations à travers le monde dont la troisième édition des Influencer Awards à Monaco. La cérémonie n'est pas enterrée pour autant. Elle a "simplement" été postposée au mois de janvier, en espérant toutefois qu'un coup de théâtre ne vienne pas à nouveau bousculer l'agenda. Lancés à l'automne 2018, les Influencer Awards sont au marketing d'influence ce que les Oscars sont au cinéma : un événement glamour qui entend récompenser les meilleurs instagrameurs et youtubeurs de la planète.Résolument festive, l'idée émane d'une Belge, Lolita Abraham, résidente monégasque depuis quelques années déjà. Jadis active dans le milieu de la mode, la jeune femme a rapidement compris que les influenceurs vivaient par écran interposé et qu'une cérémonie annuelle censée les réunir - et surtout les récompenser - avait sa raison d'être "dans la vraie vie". Il y a deux ans, elle s'est donc mise en tête d'organiser les premiers Influencer Awards avec la complicité d'une amie proche, Pauline Ducruet, fille de la princesse Stéphanie de Monaco, qui l'a aidée à ouvrir quelques portes sur le Rocher pour le lancement des festivités. Indéniable succès, la première édition des "Oscars pour influenceurs" a réuni quelque 150 nominés venus du monde entier et surtout leurs millions de fans qui ont assisté, par procuration, à cette cérémonie inédite sur les réseaux sociaux. Mais au-delà des paillettes monégasques, c'est surtout la pertinence d'un tel événement qui s'est imposée : les Influencer Awards ont en effet contribué à médiatiser davantage les influenceurs dits professionnels et à permettre aux marques d'y voir un peu plus clair dans la jungle épaisse des insta- grameurs et autres youtubeurs plus ou moins fiables. Organisée à l'automne dernier, la deuxième édition a permis à Lolita Abraham d'installer davantage la compétition, de séduire de nouveaux sponsors (Lamborghini, Heineken, etc.) et surtout de tisser des liens privilégiés avec la crème des influenceurs. Cela s'est notamment traduit, au début de la crise sanitaire, par l'enregistrement d'une vidéo de sensibilisation où 30 stars des réseaux sociaux invitaient leurs followers, via leur webcam, à respecter le confinement et aussi les gestes barrières pour mieux combattre le coronavirus. "Avec l'organisation des Influencer Awards, j'ai rencontré de très nombreux influenceurs et beaucoup d'entre eux sont finalement devenus des amis, confie Lolita Abraham. Je n'ai donc pas eu de grande difficulté à les mobiliser pour cette cause et, au final, ça m'a donné l'idée de travailler davantage avec eux. Comme les marques s'y perdent un peu dans cet univers et qu'il n'est pas toujours facile d'entrer en contact avec ces influenceurs, j'ai décidé de fonder la première agence qui leur est dédiée à Monaco et qui dispose surtout d'un vrai réseau international." Baptisée E-Idols Agency, cette nouvelle structure a vu le jour au début de l'été et se targue de représenter aujourd'hui plus de 500 influenceurs de 35 nationalités différentes. Un nombre qui n'est finalement pas très élevé à l'échelle mondiale : "Nous pourrions en ajouter des milliers, poursuit Lolita Abraham, mais ce n'est pas le but recherché. L'objectif, c'est la qualité car les 500 influenceurs que nous représentons auprès des marques sont high level. Ce ne sont pas nécessairement tous des stars qui comptent des millions de followers ; il y a aussi des micro-influenceurs qualitatifs qui ont une relation très complice avec leur petite communauté et qui génèrent un taux d'engagement élevé, mais tous ont une réelle crédibilité sur le marché." La force de l'agence E-Idols réside dans sa genèse : elle émane directement des Influencer Awards qui ont acquis rapidement une renommée internationale et qui sont devenus au final une plateforme de référence. "Il faut savoir que le marché des influenceurs est très segmenté - par pays, par région, par secteur... - et que notre volonté est justement de le désegmenter, enchaîne Lolita Abraham. C'est pour cette raison que nous collaborons aussi avec les plus grandes agences de différents pays pour créer un vrai réseau. L'idée n'est donc pas de prendre le business de ces agences d'influenceurs locales, mais au contraire de leur en apporter par notre expertise. En fait, on se voit plutôt comme un élément fédérateur et donc une plateforme de mise en connexion." Comptant déjà une petite centaine de clients à son tableau de chasse, E-Idols Agency ne se contente toutefois pas de servir de simple lien entre les marques et les influenceurs. L'agence dispose également d'un "Monaco Lab" qui accompagne les entreprises dans leur réflexion stratégique pour les aider à mieux dompter les réseaux sociaux et leur "e-réputation". Cohérente dans sa démarche, Lolita Abraham se sert aussi de cette plateforme pour inciter les marques à être davantage présentes aux Influencer Awards, en tentant également de renforcer l'impact médiatique de la prochaine cérémonie. La jeune femme affirme être en négociation avec plusieurs chaînes de télévision pour la retransmission de l'événement, mais aussi avec des services de streaming pour la diffusion de capsules et de nouveaux rendez-vous à venir. Outre la troisième édition des Influencer Awards prévue en janvier, la Belge de 35 ans nourrit en effet l'idée de lancer des "compétitions locales" pour une meilleure présélection géographique, à l'instar de ce qui se fait déjà pour l'élection de Miss Monde, par exemple. Pour mieux préparer le terrain de la quatrième édition des "Oscars de l'influence" programmés en 2022, Lolita Abraham espère ainsi d'organiser trois nouveaux rendez-vous locaux l'année prochaine : le premier au Moyen-Orient (probablement à Abu Dhabi ou à Dubaï, la nouvelle capitale des influenceurs), le deuxième en Amérique latine (sans doute au Mexique) et le troisième en Asie du Sud-Est (très certainement à Singapour). "L'objectif est de vendre la licence Influencer Awards aux quatre de coins du monde, tout en accompagnant le projet pour être certaine que la philosophie de l'événement soit bien respectée, conclut Lolita Abraham. Comme pour la négociation des droits de retransmission en télé ou en streaming, il s'agit en fait de créer de nouvelles opportunités dans notre business model, non seulement pour augmenter la notoriété des Influencer Awards dans le monde mais aussi pour faire grandir notre société qui gère cet événement et, depuis peu, notre agence d'influenceurs à Monaco." Monaco qui, au passage, dit merci à la jeune Belge : avec ce nouveau coup de projecteur braqué sur les influenceurs, le Rocher a quelque peu rajeuni son image en se positionnant sur un créneau porteur.