Emmenée par Jordan Spieth, Jon Rahm, Justin Thomas, Hideki Matsuyama et, bien sûr, Thomas Pieters, la nouvelle génération renverse tout sur son passage. Puissance, talent, audace : rien ne semble pouvoir freiner la marche en avant des jeunes champions. Il est pourtant une qualité que seul le temps façonne : la patience. En golf, plus encore que dans les autres disciplines, elle est essentielle.
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Emmenée par Jordan Spieth, Jon Rahm, Justin Thomas, Hideki Matsuyama et, bien sûr, Thomas Pieters, la nouvelle génération renverse tout sur son passage. Puissance, talent, audace : rien ne semble pouvoir freiner la marche en avant des jeunes champions. Il est pourtant une qualité que seul le temps façonne : la patience. En golf, plus encore que dans les autres disciplines, elle est essentielle. Les " anciens " le savent bien : sur les greens, il est indispensable de faire preuve de sagesse et de ne pas tenter inutilement le diable. Le golf est une école d'humilité. Parce qu'elles sont très douées, les nouvelles stars acceptent mal la contrariété. Or, le parcours ne pardonne rien et il faut composer avec les frustrations et, parfois, accepter un bogey pour mieux repartir. C'est, peut-être, cette sagesse tactique qui manque encore à Thomas Pieters, 25 ans, pour gravir un nouvel échelon vers les plus hauts sommets. La semaine dernière, en tête après le deuxième tour du BMW PGA Champion-ship à Wentworth, l'Anversois a perdu son avance lors d'un troisième tour où il a, souvent, été trop gourmand. Son double bogey sur le dernier trou du troisième tour, où il a envoyé sa balle dans l'eau en cherchant à attaquer le drapeau, en fut un bel exemple. Sur le trou n° 16 du Masters d'Augusta, il avait commis le même genre d'erreur, avec un vilain bogey à la clé. Rien de grave, au contraire : c'est juste le métier qui rentre. Le jeune prodige espagnol Jon Rahm, 12e joueur mondial à 22 ans, fait également preuve de la même impatience. Il est tellement sûr de ses forces et de son talent qu'il éprouve les pires difficultés à accepter la moindre contrariété avec, en toile de fond, de l'énervement et même, parfois, des clubs qui volent ! C'est cette savante gestion stratégique, modelée avec l'âge, qui fait évidemment la force des champions vétérans qui savent qu'il est impossible de chercher le birdie sur chaque trou et qu'il est préférable d'attendre le fameux " momentum " pour voler vers la victoire. C'est ce qu'on appelle l'expérience. Le golf se joue aussi - et surtout - avec la tête. Durant une partie de quatre heures, le joueur n'est en contact avec la balle que durant quelques secondes. Le reste du temps, il réfléchit. Il est évident que les " vieux renards " sont mieux armés que les " jeunes loups " pour maîtriser ces paramètres psychologiques souvent décisifs. C'est ce qui permet à des joueurs comme Phil Mickelson (46 ans), Jim Furyk (47 ans), Lee Westwood (44 ans) ou Henrik Stenson (41 ans) d'être toujours compétitifs au plus haut niveau. Faut-il rappeler que Tom Watson avait failli remporter le British Open de 2009 à l'âge de 59 ans. Finalement, le golfeur est un peu comme le bon vin : il se bonifie avec l'âge ! Miguel Tasso