Pourquoi, ces jours-ci, parle-t-on beaucoup d'Ethias, cet assureur détenu à 100 % par la holding Vitrufin qui est elle-même détenue, depuis la crise, par l'Etat fédéral, la Flandre et la Wallonie, chacun avec 25 % plus une action, et à 25 % moins trois actions par les actionnaires historiques (les communes), logés dans Ethias droit commun ?
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Pourquoi, ces jours-ci, parle-t-on beaucoup d'Ethias, cet assureur détenu à 100 % par la holding Vitrufin qui est elle-même détenue, depuis la crise, par l'Etat fédéral, la Flandre et la Wallonie, chacun avec 25 % plus une action, et à 25 % moins trois actions par les actionnaires historiques (les communes), logés dans Ethias droit commun ? D'abord parce qu'Ethias avait trois devoirs à remettre. Le premier était de répondre aux observations que la Banque nationale (gendarme des assureurs) lui avait faites en octobre dernier. Ethias devait notamment renforcer la gouvernance du groupe. C'est-à-dire notamment nommer un nouveau CEO. Question sur laquelle Ethias se penche encore aujourd'hui. Deux candidats, le Flamand Benoit Verwilghen (actuel patron ad interim) et le Wallon Philippe Lallemand briguent en effet le fauteuil de CEO. Ethias devait également revoir ses différentes structures (la structure Vitrufin et Ethias droit commun ont-elles encore un avenir ? ). Cette question non plus n'a pas encore reçu de réponse. La Banque nationale de Belgique en attend une pour la fin du mois de mars. Le deuxième devoir d'Ethias était d'élaborer un plan de rétablissement financier. Le travail a été remis à la mi-février. C'était aussi une exigence des autorités, car en juin de l'an dernier, Ethias, écrasé par le poids de ses vieux contrats d'assurance-vie First bien trop généreux pour les clients, faisait pâle figure. L'assureur ne présentait qu'un ratio de solvabilité (le niveau des fonds propres pour couvrir les risques) de 110 %, alors que la BNB exigeait plus de 150 %. Aujourd'hui, grâce notamment au succès de la dernière opération qui a incité nombre d'anciens clients à sortir de First en échange d'une prime généreuse, Ethias respire. L'assureur affiche un ratio de solvabilité de 150 à 160 %. " Dès lors, nous ne voyons pas en quoi il serait nécessaire de recapitaliser l'entreprise ", dit-on du côté du management. Enfin, le dernier devoir consistait à présenter aux autorités un plan de redressement. Il s'agissait d'envisager les scénarios les plus noirs (crises, chocs financiers, etc.) et de voir comment Ethias pourrait y répondre : ventes d'activités, recapitalisation, transformation d'emprunt en capital, etc. Ce plan vient d'être soumis à la BNB. Mais si l'on parle de l'assureur, c'est aussi parce que l'on s'active à l'extérieur. Certains, au gouvernement fédéral, poussent un scénario de cession (surtout du côté flamand). La Flandre se tâte pour savoir si elle désire vendre ses parts. Et des candidats acquéreurs disposant d'une confortable cagnotte, comme Ageas, ne font pas mystère de leur intérêt pour l'assureur. Les banquiers d'affaires s'activent. Mais du côté d'Ethias et de la Région wallonne, le stand alone, reste l'option privilégiée. Tout cela devrait se décanter ces prochains mois. PIERRE-HENRI THOMAS