C'est un vrai débat. " On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n'a pas une action résolue contre le réchauffement climatique ", a affirmé Emmanuel Macron. Pour avoir lié climat et terrorisme, tous les penseurs de droite français lui sont tombés dessus : pour eux, ce genre de déclaration révèle un laxisme à l'égard de l'islamisme et des particularismes ethniques. Le philosophe Luc Ferry a même été jusqu'à tweeter que le président...

C'est un vrai débat. " On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n'a pas une action résolue contre le réchauffement climatique ", a affirmé Emmanuel Macron. Pour avoir lié climat et terrorisme, tous les penseurs de droite français lui sont tombés dessus : pour eux, ce genre de déclaration révèle un laxisme à l'égard de l'islamisme et des particularismes ethniques. Le philosophe Luc Ferry a même été jusqu'à tweeter que le président français avait " franchi le mur du çon " ! Sur le fond, la réponse est pourtant claire : oui, plusieurs études - notamment américaines - confirment qu'il existe bien un lien entre réchauffement climatique et terrorisme. Est-ce que le premier explique à lui seul le second ? Evidemment non. Mais il l'aggrave. Déjà en 2012, un journaliste du New York Times, en reportage en Syrie, avait soulevé la question. Qu'avait-il remarqué ? Qu'entre 2006 et 2011, le pays avait subi la plus sévère des sécheresses de son histoire et que le gouvernement de Bachar Al Assad était resté sourd aux plaintes des paysans. Plus de 800.000 personnes avaient donc quitté leurs champs devenus désertiques pour s'agglutiner en ville à la recherche d'un improbable emploi. Avec une cascade de conséquences : des salaires de misère, un accroissement de la corruption et des injustices entre les différentes composantes de la société syrienne, des écoles laissées à l'abandon dans les villages, ceux-ci étant par ailleurs envahis par les réfugiés des guerres avoisinantes... Et au final, toute une génération d'enfants non scolarisée mais entourée d'hommes en armes. La sécheresse, cumulée à l'augmentation de la population et à sa paupérisation, les haines cuites et recuites entre chiites, sunnites et alaouites pour occuper les bons jobs, une jeunesse déscolarisée et désorientée : un véritable cocktail explosif. Ce sont ces paysans sans terre ni travail, selon le journaliste Thomas Friedman du New York Times, qui ont pris en premier les armes en criant " Allah est grand " à défaut d'être entendus par leur gouvernement. Bien sûr, d'autres situations similaires dans le monde ne débouchent pas nécessairement sur du terrorisme. Mais les esprits sereins savent que le réchauffement climatique a attisé un feu qui couvait depuis belle lurette au Moyen-Orient. Amid Faljaoui