Alice Leedale est stratégiste obligataire chez Schroders, et elle souligne que la robotisation accrue de nos sociétés est un des facteurs susceptibles de faire pression sur les cours des actifs financiers. " Pour de nombreuses personnes, les effets négatifs de l'automatisation sont en train de devenir évidents aux Etats-Unis, où les emplois les moins qualifiés sont en train d'être menacés dans de nombre...

Alice Leedale est stratégiste obligataire chez Schroders, et elle souligne que la robotisation accrue de nos sociétés est un des facteurs susceptibles de faire pression sur les cours des actifs financiers. " Pour de nombreuses personnes, les effets négatifs de l'automatisation sont en train de devenir évidents aux Etats-Unis, où les emplois les moins qualifiés sont en train d'être menacés dans de nombreux pans de l'économie, mais également pour les travailleurs qualifiés, qui étaient traditionnellement une tranche plus préservée des bouleversements technologiques. " Elle pointe toutefois que l'histoire des grands changements technologiques du passé permet de nuancer cette analyse. " Dans l'histoire du 20e siècle, les avancées technologiques ont créé plus de travail qu'elles n'en ont détruit, et elles ont permis des avancées énormes en termes de productivité du travail, qui ont à leur tour permis d'augmenter la croissance économique et les standards de vie pour l'ensemble de la population. " Si cette transition est gérée convenablement, Alice Leedale estime que la montée en puissance des robots n'augmentera pas le chômage ou les inégalités sur le long terme. Et cette transition technologique pourrait même permettre de réduire la pression du vieillissement des populations dans les économies développées. Elle souligne qu'il y aura certainement " une période d'adaptation de nos sociétés " et que cette transition " présente encore d'importantes incertitudes " entre deux extrêmes : une société avec un chômage élevé et des inégalités croissantes, ou une société où l'automation permet un choc de croissance et de productivité qui bénéficiera au plus grand nombre. " Dans le premier cas, la plupart des facteurs macroéconomiques actuels (faible demande, inflation déprimée, croissance déprimée des salaires) seront intensifiés, avec des taux obligataires qui resteront extrêmement bas tandis que les actifs risqués resteront volatils. Dans le second cas, nous pourrions assister à une normalisation des taux ".