Trois années durant, le Vatican a tempêté. Mais les Broeders van Liefde (Frères de la Charité) n'ont pas cédé : ils continueront à tolérer l'euthanasie dans la douzaine d'installations psychiatriques qu'ils gèrent.
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Trois années durant, le Vatican a tempêté. Mais les Broeders van Liefde (Frères de la Charité) n'ont pas cédé : ils continueront à tolérer l'euthanasie dans la douzaine d'installations psychiatriques qu'ils gèrent. L'affaire remonte à 2018. Cette année-là, les Frères de la Charité publient un document dans lequel ils estiment que l'offre de perspective de vie et la demande d'euthanasie constituent " deux trajectoires du même accompagnement " et laissent au médecin, sur base de sa conscience, la totale liberté de décider de pratiquer ou non l'euthanasie. Cette liberté thérapeutique est toutefois plus strictement encadrée que ne l'impose la loi. Cette dernière, en effet, ne prévoit qu'un contrôle a posteriori alors que dans leur document, les Frères de la Charité exigent, au préalable, une motivation écrite et circonstanciée basée sur quatre points. Supérieur général de la congrégation (au niveau pontifical) pour la doctrine de la foi depuis le tournant du siècle, le frère René Stockman, originaire d'Assenede, s'insurge immédiatement. Et le conflit s'envenime. Le mandat de deux responsables de l'organisation qui gère les oeuvres de l'Ordre en Belgique n'est pas renouvelé. Un procès pour détournement d'un million d'euros est même engagé ! Aujourd'hui, le divorce paraît consommé : les 12 hôpitaux psychiatriques gérés par l'ASBL des Frères de la Charité dans notre pays ne peuvent plus être qualifiés " d'institution catholique ". La séparation s'annonce toutefois délicate en raison de l'intrication des patrimoines. Les hôpitaux en question utilisent en effet des propriétés qui appartiennent aux Frères de la Charité et sont comptabilisés pour 160 millions d'euros. Les structures non hospitalières (50 écoles et 15 centres orthopédagogiques) ne sont pas concernées par cette décision.