Toute vérité n'est pas bonne à dire. C'est ce qu'a appris Marc Raisière, le patron de Belfius, à ses dépens. A l'occasion d'un entretien paru dans notre magazine, le patron de Belfius avait dit: " Bien sûr, il y aura des faillites. Mais n'avions-nous pas trop de cafés et de restaurants en Belgique? Etaient-ils tous rentables? Etaient-ils tou...

Toute vérité n'est pas bonne à dire. C'est ce qu'a appris Marc Raisière, le patron de Belfius, à ses dépens. A l'occasion d'un entretien paru dans notre magazine, le patron de Belfius avait dit: " Bien sûr, il y aura des faillites. Mais n'avions-nous pas trop de cafés et de restaurants en Belgique? Etaient-ils tous rentables? Etaient-ils tous viables, sans avoir recours au noir? J'ai bien conscience de parler très crûment mais les économies ont de temps à autre besoin d'une vague d'assainissement ". Il visait donc les entreprises zombies (non rentables mais bénéficiant des taux bas et des aides publiques) qui font obstacle au redémarrage de l'économie ( voir les multiples études sur le sujet) et les "passagers clandestins" ( free riders, soit les indépendants ou les entreprises qui, parce qu'ils font du noir, empêchent l'arrivée de nouvelles entreprises sur le marché). Mais ces remarques du patron de Belfius ont fait hurler les restaurateurs, le PTB et même le vice-Premier Pierre-Yves Dermagne, chacun voyant là une marque d'ostracisme et de mépris à l'égard de la totalité du secteur, en grande difficulté. Certains appelant même au boycott de la banque... Marc Raisière a donc dû calmer le jeu: " Mon intention n'a jamais été de stigmatiser ce secteur pour lequel j'ai énormément de respect ni de blesser qui que ce soit ", s'est-il excusé, ajoutant qu'il se concertait avec le secteur pour accroître le soutien de Belfius à l'horeca. Toute vérité n'est pas bonne à dire, spécialement lorsque les esprits et les réseaux sociaux sont échauffés par la crise.