Le grand méchant loup serait-il devenu un gentil petit mouton ? Il y a deux ans à peine, le CEO de RTL Belgique avait qualifié TF1, dans nos pages, de véritable " prédateur " sur le marché belge. A l'époque, la chaîne française cherchait en effet une régie publicitaire pour monétiser son audience en Belgique et Philip...

Le grand méchant loup serait-il devenu un gentil petit mouton ? Il y a deux ans à peine, le CEO de RTL Belgique avait qualifié TF1, dans nos pages, de véritable " prédateur " sur le marché belge. A l'époque, la chaîne française cherchait en effet une régie publicitaire pour monétiser son audience en Belgique et Philippe Delusinne avait tout fait pour contrecarrer les plans du puissant groupe français. Influent, le patron de RTL avait même réussi, grâce à ses appuis politiques, à empêcher la RMB - la régie publicitaire de la RTBF - de prendre TF1 dans son portefeuille, laissant finalement cette mission commerciale à l'outsider Transfer. Les rapports s'étaient alors tendus entre Philippe Delusinne et Gilles Pelisson, PDG de TF1, d'autant plus que cette société flamande n'avait pas la force de frappe des grandes régies du pays. Deux ans plus tard, le pronostic s'est vérifié : la " petite " Transfer n'a pas atteint les objectifs espérés et - coup de théâtre ! - c'est désormais IP, la régie de RTL Belgique, qui va commercialiser, dès la rentrée, les espaces pubs de TF1 sur le marché belge. Vu de l'extérieur, ce mariage entre deux concurrents peut prêter à sourire, mais à y regarder de plus près, ce coup de poker n'est peut-être pas si tordu. En s'alliant avec son meilleur ennemi pour développer une offre publicitaire commune, RTL Belgique cherche moins à doper ses revenus qu'à nuire commercialement à son concurrent historique - la RTBF - et à un petit nouveau qui arrive en télé : la chaîne d'infos LN24 qui, dès le 2 septembre, va sans doute lui prendre des parts de marché.