Qui a oublié Sisyphe, étudié sur les bancs de l'école, personnage de la mythologie grecque affublé d'une pierre qu'il n'a de cesse de hisser sur une montagne et, une fois retombée, de recommencer ? Ce pauvre Sisyphe symboliserait-il les écrivaines en littérature " souvent mal comprises et souvent peu lues " et qui " dé...

Qui a oublié Sisyphe, étudié sur les bancs de l'école, personnage de la mythologie grecque affublé d'une pierre qu'il n'a de cesse de hisser sur une montagne et, une fois retombée, de recommencer ? Ce pauvre Sisyphe symboliserait-il les écrivaines en littérature " souvent mal comprises et souvent peu lues " et qui " décennie après décennie, sont renvoyées à leurs ténèbres ", comme l'affirme l'auteure Geneviève Brisac ? Dans ce bel et passionnant essai, l'écrivaine, elle-même romancière (citons notamment Week-end de chasse à la mère, Prix Femina 1996), exprime sa colère mais surtout son amour des lettres. Elle nous plonge dans les vies et les mots des grandes poétesses avec justesse et révolte. Car, malgré les progrès des féministes, il ne faudrait pas s'imaginer que la place des femmes en littérature est acquise. " J'ai des préjugés contre toutes les femmes écrivains ", disait Nabokov avant de tomber en pâmoison devant le style de Jane Austen. Aujourd'hui, qui connaît et, surtout, qui lit les grandes Christiane Rochefort, Ludmila Oulitskaïa (pourtant aussi impressionnante que Tchekhov), Sylvia Townsend Warner, Natalia Ginzburg, Christa Wolf (une des voix les plus importantes de la littérature européenne du 19e siècle), Karen Blixen ou même les " Nobel " Alice Munro et Doris Lessing ? Geneviève Brisac nous les fait découvrir comme des " amies avec qui penser " et signe ainsi une ode vivante à la littérature. Un ouvrage parfait pour vous aider à renouveler votre bibliothèque de classiques.