Ethias vient de se libérer définitivement du boulet de son compte First. L'assureur liégeois essayait depuis des années de se défaire de cette police d'assurance-vie, commercialisée jusqu'en 2003, qui offrait à ceux qui y avaient souscrit un taux d'environ 3,4 %... garanti à vie. Des conditions bien trop généreuses qui ont mis longtemps Ethias en difficulté.
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Ethias vient de se libérer définitivement du boulet de son compte First. L'assureur liégeois essayait depuis des années de se défaire de cette police d'assurance-vie, commercialisée jusqu'en 2003, qui offrait à ceux qui y avaient souscrit un taux d'environ 3,4 %... garanti à vie. Des conditions bien trop généreuses qui ont mis longtemps Ethias en difficulté. L'assureur avait ces dernières années proposé plusieurs fois à ses clients de sortir moyennant une prime généreuse (fin 2016, Ethias offrait encore un bonus de 25%), permettant de dégonfler le portefeuille de plus de 3 milliards d'euros. Mais il restait encore des irréductibles : 4.400 contrats, pour une valeur de 166 millions d'euros, qui embêtaient l'assureur et attiraient toujours l'attention du régulateur, la Banque nationale. Ethias vient donc de tirer un trait définitif (si les régulateurs donnent leur feu vert) sur cet encombrant héritage en le revendant à Laguna Life DAC, un assureur-vie de droit irlandais qui appartient à Monument Re, un réassureur des Bermudes. Monument Re avait déjà acquis au Benelux les actifs d'ABN Amro Life. Pour les clients First, " le paiement des rendements garantis de ces contrats ne devrait pas être affecté par ce transfert ", assure Philippe Lallemand, le patron d'Ethias. En revanche, les clients perdent la garantie d'Etat. Les comptes d'assurance de type First bénéficiaient en effet depuis 2008 d'une assimilation à un compte bancaire et étaient garantis à hauteur de 100.000 euros. Mais il s'agissait d'une mesure belgo-belge, qui n'existe pas en Irlande. Les clients d'Ethias qui le veulent auront cependant encore la possibilité de sortir. " Monument Insurance prévoit une campagne de rachat pour les quelque 4.400 assurés restants qui n'ont pas répondu aux précédentes campagnes ", ajoute Ethias, qui n'a pas désiré commenté l'impact de cette opération sur ses comptes.