La lourde défaite (19-9) de l'équipe européenne de Ryder Cup a forcément laissé des traces. Bien sûr, personne ne conteste la supériorité du team américain qui a survolé les débats. Mais plusieurs observateurs avisés ne masquent pas leur scepticisme sur certains choix du capitaine Padraig Harrington et leur déception sur la prestation de ses troupes. De fait, on n'a jamais retrouvé, à Whistling Straits, ce fameux " fighting spirit" qui avait précisément fait la force des Européens lors des dernières éditions. Faut-il, du coup...

La lourde défaite (19-9) de l'équipe européenne de Ryder Cup a forcément laissé des traces. Bien sûr, personne ne conteste la supériorité du team américain qui a survolé les débats. Mais plusieurs observateurs avisés ne masquent pas leur scepticisme sur certains choix du capitaine Padraig Harrington et leur déception sur la prestation de ses troupes. De fait, on n'a jamais retrouvé, à Whistling Straits, ce fameux " fighting spirit" qui avait précisément fait la force des Européens lors des dernières éditions. Faut-il, du coup, profiter de la déroute du Wisconsin pour faire table rase du passé et repartir à zéro? Ce serait assurément excessif. Mais il est évident que la formation européenne a besoin d'une remise en question et d'un nouveau souffle. L'exemple américain est là pour le prouver. Pour cette 43e édition, l'équipe américaine s'appuyait sur sa nouvelle vague avec une moyenne d'âge de 29 ans. Conquérante, cette nouvelle génération était plus motivée que jamais, un peu comme si les absences conjointes des "anciens" Tiger Woods et Phil Mickelson - deux monuments - l'avait complètement libérée. En face, l'Europe s'appuyait toujours sur une ancienne génération étonnamment endormie, à l'image d'un Rory McIlroy méconnaissable. A la réflexion, hormis l'Espagnol Jon Rahm, 26 ans et incontestable n°1 mondial, seul le Norvégien Viktor Hovland (24 ans) symbolisait la jeunesse triomphante et l'avenir. Un lourd travail de rénovation des cadres attend donc le prochain capitaine. Il est probable que des joueurs comme Lee Westwood (48 ans) et Ian Poulter (45 ans) aient disputé, cette année, leur dernière Ryder Cup. Sergio Garcia (41 ans) et Paul Casey (44 ans) seront en ballottage dans deux ans à Rome. Et, parallèlement, on voit mal Justin Rose (41 ans) ou Henrik Stenson (45 ans) revenir dans la course. Place donc à la jeunesse! Oui mais avec quelle armada? Grâce à Collin Morikawa, Bryson DeChambeau, Xander Schauffele, Brooks Koepka, Jordan Spieth ou Justin Thomas, les Américains ont la chance de s'appuyer sur une génération en or, peut-être la plus forte de l'histoire du golf. Objectivement, la relève européenne n'a pas le même niveau. Certes, quelques talents en devenir frappent à la porte, comme les frères jumeaux danois Nicolai et Rasmus Hojgaard, l'Ecossais Robert MacIntyre ou notre Thomas Detry. Mais ce n'est pas comparable. Le futur capitaine - on parle déjà de Lee Westwood - devra faire preuve d'un savant dosage et, surtout, de davantage de personnalité que Padraig Harrington. Sinon, les Américains risquent de faire une réelle OPA sur le trophée, comme au temps d'Arnold Palmer, Jack Nicklaus et Tom Watson...