L'Open de France se dispute, cette semaine, sur le parcours parisien du Golf National, théâtre de la Ryder Cup voici un peu plus d'un an. L'occasion est belle pour tirer le bilan des retombées de cet événement sportif considéré comme le plus important en termes de notoriété planétaire après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football.
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L'Open de France se dispute, cette semaine, sur le parcours parisien du Golf National, théâtre de la Ryder Cup voici un peu plus d'un an. L'occasion est belle pour tirer le bilan des retombées de cet événement sportif considéré comme le plus important en termes de notoriété planétaire après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. Au niveau sportif, avec la magnifique victoire de l'équipe européenne et des duels de très haut niveau, l'épreuve a évidemment répondu à l'attente. Mais qu'en est-il sur le plan financier ? D'après une récente étude réalisée par l'Observatoire français de l'économie, la réussite a également été au rendez-vous avec 227.847 billets vendus et plus de 115.000 spectateurs durant les trois jours de compétition. Les recettes en ticketing ont largement dépassé les 20 millions d'euros. Il est intéressant de remarquer, à ce propos, que 64% des spectateurs venaient spécialement de l'étranger, essentiellement de Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Ces visiteurs ont largement contribué aux retombées économiques en France, estimées à plus de 230 millions d'euros, un chiffre qui prend en compte les dépenses globales du public et de l'organisation. C'est nettement plus que pour la Ryder Cup de 2014 à Gleneagles (Ecosse) où le chiffre d'affaires tournait autour des 120 millions d'euros. Si l'on ajoute les recettes de publicité, de sponsoring, de merchandising et les droits de télévision, il est clair que le bilan est positif. Un " tremendous success " : voilà d'ailleurs comment Richard Hills, directeur général (britannique) du tournoi, a qualifié l'événement. On se gardera, toutefois, de prétendre que le golf français a fait, en filigrane, l'affaire du siècle. Certes, depuis la victoire de l'équipe de Thomas Bjorn, des jeunes ont cédé à la tentation des greens et le nombre de licenciés est à la hausse. Mais de façon modérée : 2,5% à peine. En France, seule la chaîne cryptée Canal+ retransmettait, il est vrai, le tournoi à l'attention de ses abonnés. En termes de visibilité et de vulgarisation, on a déjà fait mieux ! Bref, question business, la Ryder Cup reste, à l'arrivée, une affaire essentiellement américano-britannique. L'organisateur principal est d'ailleurs une société britannique (Ryder Cup Europe) qui s'occupait, sur le site de Saint-Quentin en Yvelines, de la sécurité, de la logistique et même de l'horeca. Les bières et les hamburgers étaient made in England et les hôtesses parlaient uniquement la langue de Shakespeare ou, si vous préférez, de Justin Rose ! C'est à peine si le public pouvait payer en euros... Dans ce contexte, il ne faut pas vraiment s'étonner que l'Open de France n'ait pas conservé, cette année, sa place privilégiée (fin juin) dans le calendrier de l'European Tour. " Un vrai scandale " confirment certains observateurs avisés. Comme quoi, sur les greens, les bons comptes ne font pas toujours les bons amis.