Le Venezuela vit une crise d'une incroyable violence dont on se demande quelle en sera l'issue. Une mauvaise gestion et la chute des prix du pétrole ont entraîné le pays dans une récession profonde. Le taux de pauvreté dépasse les 80 % et l'inflation atteint des taux astronomiques. Obligé de restreindre les importations par manque de devises, le pays se trouve dans une situa...

Le Venezuela vit une crise d'une incroyable violence dont on se demande quelle en sera l'issue. Une mauvaise gestion et la chute des prix du pétrole ont entraîné le pays dans une récession profonde. Le taux de pauvreté dépasse les 80 % et l'inflation atteint des taux astronomiques. Obligé de restreindre les importations par manque de devises, le pays se trouve dans une situation de pénurie qui frappe durement la population : le pain, la farine et d'autres produits de première nécessité sont rationnés... quand ils sont disponibles. Le peuple est à bout et les émeutes contre le gouvernement de Nicolás Maduro se sont multipliées. Le parlement, dont les pouvoirs ont été réduits par le président, est aux mains de l'opposition qui accuse le pouvoir d'abandonner la population. La situation économique s'est encore dégradée cet été avec les sanctions financières imposées par le président Trump qui interdit l'achat des nouvelles obligations émises par le gouvernement vénézuélien et la compagnie pétrolière nationale PDVSA. Ce contexte explosif conduit le Venezuela au bord du défaut de paiement. Le FMI et Fitch l'ont sérieusement mis en garde vendredi dernier. L'agence de notation a abaissé la note de solvabilité du pays à C. Le FMI, de son côté, a affirmé que le pays était en violation des règles de l'institution en ne donnant pas accès à ses données économiques complètes. Pour tenter de gagner du temps, le Venezuela a annoncé unilatéralement une restructuration de sa dette extérieure, estimée à 133 milliards d'euros, et a convoqué une réunion avec ses créanciers le 13 novembre à Caracas. Au total, entre les dettes souveraines et les créances de PDVSA, le pays a dû rembourser 1,63 milliard de dollars en octobre. L'échéance pour novembre s'élève à 1,89 milliard. La partie dûe début du mois à la compagnie pétrolière (1,2 milliard) n'a pas encore été honorée. Par Xavier Beghin