" Quinze ans avant Internet, certains artistes n'avaient même pas de fax, donc j'envoyais un courrier à Madagascar et la réponse arrivait six semaines plus tard ". Patron du Sfinks Mixed comme il est celui du Zomer van Antwerpen ( lire notre colonne agenda), Patrick De Groote se ...

" Quinze ans avant Internet, certains artistes n'avaient même pas de fax, donc j'envoyais un courrier à Madagascar et la réponse arrivait six semaines plus tard ". Patron du Sfinks Mixed comme il est celui du Zomer van Antwerpen ( lire notre colonne agenda), Patrick De Groote se rappelle volontiers des débuts de son festival en 1975 dans une villa au sud d'Anvers reconvertie en espace socioculturel. Sans jamais vraiment trahir ses explorations mondialistes, le Sfinks a grandi et s'est adapté au fil des décennies, passant d'une manifestation baba relativement codée à un événement où la musique reste capitaine d'un plus large événement alternativo-bio-culturel. Avec un modèle économique pas si fréquent puisque depuis 2013, l'entrée de ce festival de quatre jours est désormais gratuite. Mais contrairement à certains préjugés, cette caractéristique n'entraîne pas une indigence de la programmation : la preuve avec l'édition 2018 qui accueille Julian Marley (l'un des fils de Bob), le groupe Zap Mama, toujours emmené par Marie Daulne, et des curiosités comme Bobbylicious, collectif gantois reprenant les codes de Bollywood. Sans oublier la fantastique chanteuse malienne Oumou Sangaré qui, par ailleurs, dirige aussi dans son pays des entreprises dans des secteurs aussi divers que l'hôtellerie, l'agriculture et le 4x4 de luxe.