Chaque jour, nous pouvons constater les ravages des sous-investissements de l'Etat : des tunnels qui s'effondrent, des trains qui n'avancent pas... Sur ce point, d'ailleurs, la Cour des Comptes vient de remettre un rapport cinglant, soulignant qu'il manque encore 800 millions d'euros pour finaliser le RER et qu'instaurer une clé de répartition entre le nord et le sud du pays est contre-productif. Cette clé...

Chaque jour, nous pouvons constater les ravages des sous-investissements de l'Etat : des tunnels qui s'effondrent, des trains qui n'avancent pas... Sur ce point, d'ailleurs, la Cour des Comptes vient de remettre un rapport cinglant, soulignant qu'il manque encore 800 millions d'euros pour finaliser le RER et qu'instaurer une clé de répartition entre le nord et le sud du pays est contre-productif. Cette clé est officiellement de l'ordre 60/40 mais approche en réalité plutôt les 80/20. Résultat : si les tronçons flamands sont réalisés, il reste des trous béants côté wallon. Les plans d'économie à la SNCB accentuent encore le problème : comme on ne peut pas trop gratter sur les dépenses de sécurité et de maintenance, c'est l'investissement qui souffre. C'est d'ailleurs une généralité. Chez nous, " le taux d'investissement des autorités publiques a diminué de moitié, passant de plus de 5 % du PIB en moyenne dans les années 1970 à 2,4 % en 2015 ", constate le Bureau du Plan. En France et aux Pays-Bas, les investissements de l'Etat représentent environ 3,5 % du PIB. Or, le Bureau du Plan vient de réaliser un exercice très instructif : que se passerait-il si l'on dopait l'investissement public de 0,5 % du PIB (soit un bon 2 milliards d'euros par an, ) ? Eh bien, il n'y aurait que des bonnes choses : le PIB augmenterait dès la première année et cette croissance irait en s'accélérant pour atteindre environ 2,8 % la 20e année, grâce à la hausse à la fois de la productivité et des heures travaillées. Très bien, mais comment financer cette dépense dans un pays dont la dette publique dépasse les 100 % du PIB ? Certes, un surcroît de croissance sur les finances publiques aura un impact automatique positif sur celles-ci. Mais ce ne sera pas suffisant. Trois solutions alors : soit augmenter les impôts sur le travail et le capital, soit diminuer les autres dépenses publiques, soit hausser les taxes sur la consommation. Pour le Bureau du Plan, ce sont les deux dernières mesures qui seraient les plus efficaces. PIERRE-HENRI THOMAS