Il faut croire que Rochefort est la ville de tous les recours. Le MR y avait cherché François Bellot, pour remplacer au pied levé Jacqueline Galant comme ministre fédéral de la Mobilité en avril dernier. Le PS vient d'y pêcher le successeur de Paul Furlan au poste de ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne, 36 ans. L'Ardennais a la cote pour les missions difficiles.
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Il faut croire que Rochefort est la ville de tous les recours. Le MR y avait cherché François Bellot, pour remplacer au pied levé Jacqueline Galant comme ministre fédéral de la Mobilité en avril dernier. Le PS vient d'y pêcher le successeur de Paul Furlan au poste de ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne, 36 ans. L'Ardennais a la cote pour les missions difficiles. " Nous avons fait le choix de la jeunesse ", a expliqué Elio Di Rupo à la présentation du nouveau ministre, une jeunesse chargée de faire oublier la gestion floue du dossier Publifin de son prédécesseur. Le PS cherchait un homme neuf, mais pas trop néophyte. Pierre-Yves Dermagne connaît bien les dossiers des pouvoirs locaux : il a été chef de cabinet adjoint de Philippe Courard lorsque ce dernier était ministre des Affaires intérieures et de la Fonction publique. Il s'est intéressé aux questions de logement, de démocratie locale. Pierre-Yves Dermagne, avocat de profession, est entré en politique en 2006 comme conseiller communal à Rochefort. Il a gravi les échelons, obtenu de bons résultats en voix de préférences. A Rochefort, il est devenu premier échevin et travaillé avec François Bellot, bourgmestre libéral. Il est aussi devenu député wallon et a été chef de groupe. Pierre-Yves Dermagne reprendra toutes les compétences de Paul Furlan (Pouvoirs locaux, Ville, Logement et Infrastructures sportives) sauf l'Energie qui va au ministre du Budget Christophe Lacroix. Il arrive sur un terrain miné où il devra montrer sa volonté de rétablir la confiance entre le citoyen et les intercommunales, malgré les pressions des barons locaux. Il lui faudra d'abord faire oublier qu'il avait été l'un des auteurs d'un décret qui, en 2015, a donné deux ans de plus aux intercommunales transrégionales pour adopter les nouvelles règles de transparence et notamment mettre fin aux fameux comités de secteur. Dont les mandats, si rémunérateurs pour les élus locaux, sont à l'origine du scandale Publifin. Ainsi, sans le vouloir, Pierre-Yves Dermagne avait ainsi mis en marche le mécanisme tortueux qui allait le faire entrer dans l'exécutif wallon. ROBERT VAN APELDOORN