La nouvelle devrait conforter la dizaine de pays européens, comme la France ou le Royaume-Uni, qui ont annoncé leur intention de bannir les automobiles à carburant, respectivement à partir de 2040 et de 2030. Ou la Région de Bruxelles-Capitale qui souhaite en finir avec le diesel dès 2030.
...

La nouvelle devrait conforter la dizaine de pays européens, comme la France ou le Royaume-Uni, qui ont annoncé leur intention de bannir les automobiles à carburant, respectivement à partir de 2040 et de 2030. Ou la Région de Bruxelles-Capitale qui souhaite en finir avec le diesel dès 2030. En effet, selon une étude commanditée par l'ONG européenne Transport&Environment à BloombergNEF, spécialiste des prévisions sur les nouvelles énergies, le prix des voitures électriques devrait bientôt devenir plus attractif que celui des modèles à carburant. Le document, intitulé " Hitting the EV Inflection Point" ("Atteindre le point d'inflexion") indique qu' "en moyenne, les automobiles électriques à batteries arriveront au même prix (avant incitants) que les modèles équivalents à pétrole entre 2025 et 2027". Cela dépendra toutefois des modèles. Les voitures compactes (format VW Polo) devraient atteindre la parité en 2025 et les berlines, plus grandes, en 2027. "En 2030, une automobile électrique moyenne sera 18% moins chère que son équivalent à pétrole, hors taxe", poursuit l'étude. Aujourd'hui, les électriques restent très chères à la production et à l'achat. Une Peugeot 208 électrique revient à 32.950 euros TVAC, soit 7.000 euros de plus (hors remises et incitants) qu'un modèle à carburant de puissance comparable. L'étude Transport&Environment note que l'écart se situe aujourd'hui entre 63% et 94% selon les modèles. C'est embarrassant pour les pouvoirs publics qui, un peu partout en Europe, misent sur l'auto électrique pour réduire les émissions de CO2. Selon BloombergNEF, si cette situation s'inverse à l'avenir, c'est surtout grâce à la baisse du coût des batteries. Leur prix actuel tourne autour des 120 euros par kWh. Il faut savoir qu'une automobile électrique bénéficiant de plus de 300 km d'autonomie emporte une batterie d'au moins 50 kWh, soit un coût minimal de 6.000 euros... Or, l'étude estime que ce prix devrait descendre à 74 euros par kWh en 2025 et même à 50 euros par kWh en 2030. Autre facteur de diminution des coûts: le type de production. La première génération de véhicules électriques était construite à partir des mêmes plateformes que les modèles à carburant. Celles qui arrivent sont conçues expressément pour l'électrification, et leur assemblage en grand volume est plus économique. Plusieurs constructeurs ont du reste annoncé qu'à terme, ils ne produiront plus que des véhicules électriques: Volvo en 2030, GM en 2035, Ford (Europe) en 2030. L'étude reconnaît toutefois que sa prévision est tributaire de facteurs tels que la volatilité du prix des matériaux constitutifs des batteries, comme le lithium ou le cobalt. Elle n'a pas non plus pris en compte la question des bornes de recharge publiques, qui demeure aujourd'hui un souci, et suppose que la situation s'améliorera. BloombergNEF calcule qu'il faudrait 1,8 million de points de charge dans l'Union européenne d'ici 2035, contre 360.000 fin 2020. Elle n'intègre pas non plus le contexte fiscal. En Belgique, la fiscalité de société favorise l'automobile électrique et la rend déjà, aujourd'hui, attractive en termes de TCO (coût d'utilisation total).