Quest For Growth (QfG) a été créé en 1998 par le louvaniste Capricorn Venture Partners, un gestionnaire de capital à risque et de fonds d'actions. Depuis, QfG est le seul fonds fermé (c'est-à-dire une pricaf) coté en Bourse en Belgique. En 2017, il a présenté d'excellents résultats. " Outre un rendement sur fonds propres de 20 %, nous avons aussi enregistré un bénéfice de 27 millions d'euros ", déclare fièrement Yves Vaneerdewegh, gestionnaire de fonds chez QfG.
...

Quest For Growth (QfG) a été créé en 1998 par le louvaniste Capricorn Venture Partners, un gestionnaire de capital à risque et de fonds d'actions. Depuis, QfG est le seul fonds fermé (c'est-à-dire une pricaf) coté en Bourse en Belgique. En 2017, il a présenté d'excellents résultats. " Outre un rendement sur fonds propres de 20 %, nous avons aussi enregistré un bénéfice de 27 millions d'euros ", déclare fièrement Yves Vaneerdewegh, gestionnaire de fonds chez QfG. La loi prévoit que les pricafs doivent redistribuer au moins 80 % de leurs bénéfices. " Nous avons distribué l'en-semble des bénéfices ", précise Yves Vaneerdewegh. L'avantage d'une pricaf réside dans le fait que les investisseurs ne doivent pas payer de précompte mobilier sur ces dividendes. La majorité des bénéfices de QfG provient de la vente de l'entreprise biotech wallonne Ogeda au géant pharmaceutique japonais Astellas. " La vente d'Ogeda nous a rapporté 10 millions d'euros ", explique Yves Vaneerdewegh. Cette année, les actionnaires ont eu, pour la première fois, la possibilité de choisir un dividende optionnel et ainsi, de se faire verser leur dividende en actions. Environ 53 % des actionnaires ont fait ce choix. Le prix de souscription était de 10 % inférieur au cours. " Ceci est très important pour permettre à Quest de croître car ils ne peuvent pas faire de réserves de bénéfices ", commente Gert Demesure, qui suit la pricaf en tant qu'analyste de la Vlaamse Federatie van Beleggers (la fédération flamande des investisseurs). Yves Vaneerdewegh se réjouit également de ce dividende optionnel. " C'est plus efficace et meilleur marché qu'une augmentation de capital classique. Cela nous a permis de récolter 11 millions d'euros ", dit-il.Afin d'éviter toute confusion, Yves Vaneerdewegh revient sur les particularités d'une pricaf. " Il s'agit d'un fonds fermé coté en Bourse, précise-t-il. Les investisseurs l'achètent à un cours qui ne représente pas forcément la valeur nette d'inventaire du portefeuille ". A cet égard, elle ressemble à un holding. QfG est cotée avec une prime ou une décote par rapport à la valeur du portefeuille. " La décote de Quest suit cependant une dynamique différente de celle des holdings, explique Gert Demesure. S'il n'y a pas de bénéfice et qu'aucun dividende n'est versé, comme en 2016, la décote grimpe considérablement. Cette année, elle a fondu depuis l'annonce du dividende. " Cette année, ainsi que pour les 10 années écoulées, QfG a affiché de très beaux résultats, son rendement annuel étant de plus de 8 %. La valeur nette d'inventaire de son portefeuille a également progressé pour passer de 88 millions d'euros en 2010 à 161 millions d'euros aujourd'hui. C'est grâce à sa philosophie d'investissement que QfG atteint de tels rendements. Le premier pilier de sa stratégie est le type d'entreprises dans lesquelles elle investit. " Ils investissent essentiellement dans les small &mid caps ", explique Gert Demesure. " De ce fait, ils ont des positions dans des entreprises qui intéressent peu les grands investisseurs institutionnels. Et Quest en tire avantage. " Ce focus sur les small caps découle directement de la législation sur les pricafs. Selon celle-ci, il convient qu'au moins 70 % du portefeuille soient composés d'entreprises non cotées ou d'entreprises cotées en Bourse dont la capitalisation est inférieure à 1,5 milliard d'euros. " En outre, notre portefeuille coté se distingue par le fait que nous n'in-vestissons que dans des secteurs de croissance spécifiques ", ajoute Yves Vaneerdewegh, " à savoir : ICT, healthtech et cleantech. " Ainsi, QfG détient des parts d'un certain nombre de grands noms de l'IT et de la technologie, comme SAP et Melexis. A côté de cela, elle a des participations importantes dans des entreprises moins connues comme le norvégien Tomra ou l'allemand Norma Group. Fin 2017, les positions cotées représentaient 66 % du portefeuille total de la pricaf. QfG se targue de le gérer activement et de ne pas suivre d'indice. " Nous composons notre propre portefeuille concentré de 20 à 30 entreprises, explique Yves Vaneerdewegh. Et notre horizon de placement est à long terme. En témoigne la participation que nous détenons depuis 2010 dans la société française de logiciels de gestion officinale Pharmagest ou notre investissement dans Umicore qui date de 2006. " Alors que les fonds indiciels et les ETF font fureur, les gestionnaires de Quest se décrivent encore comme de véritables stockpickers. Ils se basent sur cinq critères, selon Yves Vaneerdewegh. " Pour les entreprises cotées en Bourse, nous analysons le potentiel de croissance, la santé financière, le positionnement sur le marché, le management et la gestion, ainsi que la valorisation . En dépit de notre focus sur les secteurs de croissance, aucune de nos entreprises cotées ne doit supporter une dette trop élevée. " " Contrairement à de nombreux holdings, QfG n'entend pas être un actionnaire stratégique, précise Gert Demesure. Leur objectif n'est pas d'obtenir des sièges dans les conseils d'administration de leurs participations cotées. " Pour la part de leurs participations non cotées, qui représentent 23 % du portefeuille, leur intention est bel et bien de se comporter en actionnaire actif. La stratégie pour la partie non cotée est double. " D'une part, nous investissons dans des fonds venture de Capricorn, explique Yves Vaneerdewegh. Et d'autre part, nous réalisons un certain nombre de co-investissements avec ces mêmes fonds et nous prenons directement position dans les entreprises. " En 2017, quatre nouveaux noms non cotés ont fait leur entrée dans le portefeuille, à l'instar du gantois NGData qui aide les entreprises à analyser les données clients afin de développer des campagnes marketing efficaces. Les investissements directs s'adjugent 6 % de la valeur du portefeuille, tandis que les investissements dans des fonds Capricorn représentent 17 % de celui-ci. QfG reste un investisseur spécialisé dans le capital à risque, mais les participations non cotées directes se caractérisent par une certaine maturité. " Nous nous positionnons dans des entreprises qui tournent avec un chiffre d'affaires modeste ou ont un proof of concept solide ", commente Yves Vaneerdewegh. Pour QfG, les participations non cotées constituent des investissements stratégiques. " Nous visons une position suffisamment importante qui nous permette d'avoir un impact sur la gestion de l'entreprise et sa stratégie. Notre but est de participer à la création de valeur de ces entreprises de croissance, poursuit Yves Vaneerdewegh. Généralement, nous prenons dès lors part aux conseils d'administration ". La vente d'Ogeda est un exemple de succès du portefeuille non coté. " La vente de Punch Powertrain au Chinois Yinyi en 2016 a également permis à Quest de faire une bonne affaire ", se remémore Gert Demesure. Par ailleurs, les spécialistes louvanistes du capital à risque célèbrent les 10 ans d'existence du Quest Cleantech Fund (QCF). Il s'agit d'un fonds de placement luxembourgeois classique dont les investisseurs peuvent acheter des actions à la valeur d'inventaire. Pas de décote ni de prime comme chez QfG donc. " En tant qu' investment manager indépendant, il n'a pas toujours été facile de mettre un tel fonds sur le marché et de le faire évoluer. Cela nous a coûté énormément d'efforts ", se souvient Yves Vaneerdewegh. Mais le jeu en valait la chandelle ! Il y a 10 ans, le fonds débutait avec un petit 2 millions d'euros de capital à gérer. Le mois dernier, il a franchi le cap des 200 millions. A la fin de l'année passée, un investisseur institutionnel néerlan-dais a encore confié 40 millions d'euros à QCF pour la partie durable de son portefeuille. Quest publie mensuellement la composition du portefeuille du Cleantech Fund. " Et nous sommes encore plus satisfaits des performances ", se réjouit Yves Vaneerdewegh. Le rendement annuel depuis la création se monte à 10 %. A titre de comparaison, le rendement du STOXX Europe 600 s'élève à un maigre 5 %. L'indice Small cap s'en sort un peu mieux avec un rendement de 7,4 %. Le spécialiste des fonds Morningstar a décerné à QCF le prix du meilleur fonds de sa catégorie, sur 106 fonds en compétition au total.Cette performance, QCF la doit à une stratégie analogue à celle de QfG. " C'est davantage le focus sur les small & mid caps qui a joué un rôle déterminant ", explique Yves Vaneerdewegh. A noter que le fonds n'investit que dans les technologies propres, dans des entreprises qui misent sur les énergies renouvelables ainsi que sur l'utilisation efficace de l'énergie et des matières premières.