La version définitive des prévisions 2019-2024 du Bureau fédéral du Plan n'est attendue qu'en juin. Après les élections donc. Mais une version préliminaire a été dévoilée jeudi dernier. Et elle n'inspire pas à l'optimisme. Le prochain gouvernement, quel qu'il soit, n'aura pas la tâche facile.
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La version définitive des prévisions 2019-2024 du Bureau fédéral du Plan n'est attendue qu'en juin. Après les élections donc. Mais une version préliminaire a été dévoilée jeudi dernier. Et elle n'inspire pas à l'optimisme. Le prochain gouvernement, quel qu'il soit, n'aura pas la tâche facile. Que faut-il retenir de ces prévisions ? Premièrement, le ralentissement de la croissance va se poursuivre. De 1,7 % en 2017, elle est retombée à 1,4% l'an dernier. Le Bureau du Plan s'attend à qu'elle ne dépasse pas 1,3% en rythme annuel pendant les cinq prochaines années. Clairement, le climat international n'inspire pas à l'optimisme et le rebond après la crise de 2008 n'aura été que de courte durée. Deuxièmement, le ralentissement de la croissance va engendrer un net tassement des créations d'emplois. Sur la législature qui s'achève, 50.000 emplois ont été créés annuellement. Le Bureau du Plan s'attend à ce que ce chiffre tombe à 34.000 au cours des cinq prochaines années. Un chiffre qui n'est pas catastrophique tout de même d'autant que le chômage devrait, en parallèle, baisser de plus de 120.000 unités. Troisièmement, le déficit budgétaire va repartir à la hausse. Maintenu à moins de 1 % en 2017 et 2018, il devrait remonter à 1,7 % en 2019 et à 2,6 % en 2024. A politique constante évidemment. Ce qui fait un trou de 14 milliards d'euros à combler avant même de former un gouvernement. Ce n'est pas demain non plus que la dette va passer sous la barre des 100% du PIB. Selon le Bureau du Plan, elle devrait tourner autour des 101,5 % à fin 2024. A politique constante aussi. Enfin, bonne nouvelle, l'inflation va ralentir. Evaluée à 2,1% ces deux dernières années, le Bureau du Plan revoit ses prévisions à la baisse pour 2019 et 2020, soit respectivement 1,7 et 1,5 %. Par un effet mécanique qui tombe à point nommé pour les négociations du Groupe des Dix, la marge salariale pourrait dès lors grimper de 0,8 à 1,1 %.