L'heure est grave chez Lactalis. Géant mondial avec 247 sites de production et 75.000 collaborateurs dans le monde entier, le groupe cultive le secret et le mystère. Mais le scandale du lait infantile contaminé à la salmonelle prend une ampleur sans précédent. Et pour la première fois, Emmanuel Besnier, le CEO, est sorti de son mutisme médiatique et a accordé une interview à nos confrères ...

L'heure est grave chez Lactalis. Géant mondial avec 247 sites de production et 75.000 collaborateurs dans le monde entier, le groupe cultive le secret et le mystère. Mais le scandale du lait infantile contaminé à la salmonelle prend une ampleur sans précédent. Et pour la première fois, Emmanuel Besnier, le CEO, est sorti de son mutisme médiatique et a accordé une interview à nos confrères français du Journal du Dimanche. Il a annoncé le retrait de tous les lots de lait infantile encore en circulation et produits dans l'usine incriminée de Craon, quelle que soit leur date de fabrication. Il s'agirait d'environ 12 millions de boîtes à récupérer dans 83 pays. " Les distributeurs ne doivent plus trier, ils savent qu'ils doivent tout enlever des rayons ", a expliqué Emmanuel Besnier. Le CEO a, en outre, annoncé qu'il allait indemniser " toutes les familles qui ont subi un préjudice ". Depuis l'éclatement de la crise au début du mois de décembre, 37 bébés ont été atteints de salmonellose en France (18 ont été hospitalisés) après avoir consommé un lait ou un produit d'alimentation infantile Lactalis infecté, selon le dernier bilan disponible. Un nourrisson a également contracté la salmonellose en Espagne et un autre cas est très suspect en Grèce. D'autres cas risquent encore de se déclarer. L'usine de Craon est à l'arrêt depuis le 8 décembre et ne rouvrira pas tant que les services vétérinaires français n'auront pas identifié la source de la contamination. Depuis le début de l'affaire, Lactalis a été fustigée pour son manque de transparence, sa réaction tardive à la détection de salmonelles lors d'un auto-contrôle en novembre et à sa gestion chaotique des rappels.Bruno Le Maire, le ministre français de l'Economie avait même parlé " d'entreprise défaillante ". En France, des centaines de familles ont déjà porté plainte et une enquête préliminaire pour " blessures involontaires " et " mise en danger de la vie d'autrui " a été ouverte.