La robotique a été longtemps assimilée aux grands robots présents dans les chaînes d'assemblage des constructeurs automobiles. Depuis une dizaine d'années, ce segment a toutefois connu une révolution avec l'arrivée de robots dans de nombreuses activités autrefois réservées aux humains. Ils sont désormais présents dans notre vie quotidienne, que ce soit pour tondre le jardin, ramasser les poussières ou aider la préparation du repas dans la cuisine.
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La robotique a été longtemps assimilée aux grands robots présents dans les chaînes d'assemblage des constructeurs automobiles. Depuis une dizaine d'années, ce segment a toutefois connu une révolution avec l'arrivée de robots dans de nombreuses activités autrefois réservées aux humains. Ils sont désormais présents dans notre vie quotidienne, que ce soit pour tondre le jardin, ramasser les poussières ou aider la préparation du repas dans la cuisine. En matière de fonds d'investissement, parler de robotique s'est longtemps résumé à évoquer le fonds Pictet-Robotics, dont le lancement en 2015 a précédé celui des autres stratégies disponibles sur le marché belge. Après le départ de son premier gestionnaire en 2017, une nouvelle équipe en a repris la direction, parvenant à maintenir les chiffres de son prédécesseur. Pictet-Robotics affiche d'ailleurs encore la meilleure performance historique sur trois ans. En dehors du fonds de Credit Suisse, qui est davantage exposé sur les moyennes capitalisations et sur l'Europe, tous les produits affichent des performances relativement comparables (entre 20 et 24% par an), des niveaux de concentration élevés (entre 35 et 50 valeurs en portefeuille) ainsi qu'une stratégie d'investissement basée sur la sélection fondamentale de titres en portefeuille. Enfin, à l'exception du fonds de La Financière de l'Echiquier, il s'agit à chaque fois de fonds massifs, dont les actifs sous gestion dépassent le milliard de dollars. Pictet-Robotics se démarque ici aussi puisque l'ancienneté du produit et ses performances ont entraîné des flux réguliers de nouveaux investisseurs. Ses encours approchent désormais les 10 milliards de dollars, ce qui en fait un des plus grands fonds thématiques disponibles sur le marché. Cette montée en puissance s'est également traduite cette année par l'arrivée de la robotique comme secteur à part entière chez Citywire. Cette agence britannique est spécialisée dans les informations à destination des investisseurs professionnels, et principalement connue pour noter les gestionnaires de fonds (les meilleurs se voyant octroyer la très recherchée note AAA). Dans sa communication officielle lors du lancement de cette nouvelle catégorie, Citywire rappelait notamment que "la robotique ne contient que 11 fonds et 14 gestionnaires, mais pas moins de huit affichant une note AAA, et nombreux d'entre eux possèdent des actifs sous gestion de plusieurs milliards d'euros". Parler de secteur pour la robotique semble toutefois être un concept relativement difficile, tant l'exposition de ces différents produits inclut de nombreux domaines. Johan Van Der Biest, gestionnaire de Belfius Equities Robotics & Innovative Technology, indique ainsi que son fonds investit dans des domaines aussi différents que les fabricants de robots, les spécialistes de l'intelligence artificielle et de la programmation, les producteurs de capteurs et senseurs ou les entreprises spécialisées dans la visualisation ou la reconnaissance vocale. "Il s'agit d'un ensemble très diversifié sur la technologie, l'industrie ou les soins de santé", résume-t-il. On sait par ailleurs que les robots sont aujourd'hui en mesure d'interagir et de travailler avec les humains, par exemple dans les salles d'opération des hôpitaux. Dans ce cas de figure, on ne parle aujourd'hui plus robots mais bien de cobots (pour collaborative robots). Le groupe phare dans ce domaine s'appelle Intuitive Surgical, présent dans les principales positions de l'ensemble des produits repris dans notre échantillon. Les gestionnaires estiment que les perspectives de croissance sur le long terme restent solides, en raison principalement d'un contexte démographique défavorable (vieillissement de la population) qui nécessitera le recours à une automatisation poussée afin de maintenir la productivité de nos économies. Une tendance qui touche non seulement le monde développé mais également un pays comme la Chine. Les enjeux environnementaux sont également de nature à pousser les économies vers davantage d'automatisation afin de diminuer l'impact environnemental de plusieurs secteurs économiques. L'utilisation de l'intelligence artificielle et de la robotique dans l'agriculture pourrait ainsi réduire la pollution des sols. De même, le recours aux robots dans l'industrie réduira les déchets produits dans les chaînes d'assemblage. L'automatisation est également appelée à se développer dans notre vie de tous les jours, que ce soit dans l'assistance médicale aux personnes ou dans le développement des voitures autonomes. "Il n'est clairement pas trop tard pour s'exposer sur la robotique, indique donc Johan Van Der Biest. La force des fondamentaux rend la question du timing peu pertinente." Depuis le début de l'année, le segment des fonds exposés sur la robotique a en tout cas progressé en moyenne de 15%, performance qui est à mettre au crédit de l'exposition au redressement économique global. "Les derniers chiffres de l'activité manufacturière pour le marché japonais (un des plus avancés en termes de robotisation) semblent confirmer une reprise robuste au niveau mondial", indique Tom Riley, du fonds Axa WF-Framlington Robotech. "Durant le mois de juillet, ce sont toutefois les sociétés exposées sur le secteur de la santé qui ont tiré la performance de notre stratégie", poursuit le gestionnaire. Dexcom ou Intuitive Surgical ont ainsi présenté d'excellents résultats semestriels, ce deuxième groupe ayant également annoncé s'attendre à une hausse de 27 à 30% du nombre de procédures assistées par robots durant l'ensemble de l'année 2021. Dans l'ensemble, les bons chiffres semestriels ont été confirmés dans une très large gamme de secteurs, que ce soit pour Keyence dans les senseurs et les systèmes de vision, pour Fanuc dans la construction de robots (qui a annoncé un record dans les nouvelles commandes durant le dernier trimestre) ou pour AMD dans la production de semi-conducteurs, utilisés pour les intelligences artificielles. Chez Pictet Asset Management, Peter Lingen souligne que "les conditions macroéconomiques restent positives, avec le déploiement des mesures de support fiscal aux Etats-Unis et en Europe. Les valorisations sur la robotique restent attractives si on les compare aux autres secteurs, car soutenues par de grandes tendances de long terme, notamment dans l'automatisation industrielle". L'homme constate que les valorisations ont augmenté dans l'ensemble de son univers d'investissement (environ 200 valeurs), avec toutefois des écarts créés entre les sociétés à plus faible et à plus forte croissance. "Dans les prochains trimestres, nous devrions assister à une augmentation des fusions et acquisitions, en provenance de sociétés à croissance relativement faible qui profiteront des valorisations attractives sur certains acteurs", conclut-il.