L'opéra Dialogues des carmélites présenté par l'institution lyrique bruxelloise courant décembre fait inévitablement penser aux poupées russes où une vérité débouche sur une autre, qui elle-même engendre une nouvelle réalité, et ainsi de suite. Au d...

L'opéra Dialogues des carmélites présenté par l'institution lyrique bruxelloise courant décembre fait inévitablement penser aux poupées russes où une vérité débouche sur une autre, qui elle-même engendre une nouvelle réalité, et ainsi de suite. Au départ, il s'agit d'une nouvelle signée de l'écrivaine allemande Gertrud Von Le Fort, parue en 1931, La dernière à l'échafaud. Compte-rendu de la vie d'une religieuse, Blanche de la Force, à la période de la Révolution française, peu clémente envers les âmes mystiques. De ce script, le Français Georges Bernanos, tirera un scénario transformé en livret d'opéra par Francis Poulenc en 1957 sous le titre Dialogues des carmélites, devenu par après un film en 1960 et un téléfilm en 1984. Les décennies passent et le metteur en scène Olivier Py reprend dès 2013 à Paris le schéma initial, en accordant moins d'importance au contexte révolutionnaire tout en laissant " place à la force émotionnelle de l'humain et à la spiritualité ". La direction musicale d'Alain Altinoglu, titulaire du poste orchestral de La Monnaie depuis presque deux ans, restitue les émotions originales forcément indémodables : espoir et peur constante sous menace de la mort.