On croyait avoir tout vu dans l'affaire Ghosn depuis son arrestation sur le tarmac de l'aéroport de Tokyo le 19 novembre 2018. Grandeur et décadence d'un CEO accusé de violations à la Financial Instruments and Exchange Law pour déclarations mensongères sur ses revenus et d'abus de confiance aggravé. Quatre mises en accusation distinctes qui devaient être jugées en deux procès. Le jour de Noël, Carlos Gh...

On croyait avoir tout vu dans l'affaire Ghosn depuis son arrestation sur le tarmac de l'aéroport de Tokyo le 19 novembre 2018. Grandeur et décadence d'un CEO accusé de violations à la Financial Instruments and Exchange Law pour déclarations mensongères sur ses revenus et d'abus de confiance aggravé. Quatre mises en accusation distinctes qui devaient être jugées en deux procès. Le jour de Noël, Carlos Ghosn a appris que le deuxième volet était reporté à 2021. Autant de mois supplémentaires à vivre en résidence surveillée et sans contact avec son épouse, une des conditions à sa deuxième libération sous caution. Est-ce la décision de trop d'un procureur intraitable qui applique à merveille le système japonais qui pousse les condamnés à avouer pour gagner du temps ? Cinq jours plus tard, Carlos Ghosn disparaissait d'une villa proche de l'ambassade de France à Tokyo, une demeure surveillée par les policiers et sous contrôle de caméras. Les circonstances exactes de son évasion sont loin d'être élucidées. Des images de vidéosurveillance l'ont montré quittant seul son domicile le dimanche 30 décembre vers midi, sans présence suspecte à ses côtés. Il aurait alors rejoint le Kansai International Airport près d'Osaka où il s'est envolé en avion privé pour Istanbul. Il y a alors changé d'avion pour rejoindre Beyrouth. S'il n'a pas passé les contrôles frontaliers japonais sous son nom, il est, par contre, rentré légalement au Liban en présentant un passeport français en bonne et due forme et une carte d'identité libanaise. Dans une déclaration écrite, Carlos Ghosn a assuré avoir organisé "seul" son départ, sans la participation de sa famille. Et demain ? Comme le Japon ne juge pas par contumace et n'a pas d'accord d'extradition avec le Liban où Ghosn bénéficie de la bienveillance des officiels, tout porte à croire que seul le premier des deux procès va se tenir puisqu'il comporte d'autres accusés. " Je n'ai pas fui la justice ", a indiqué Carlos Ghosn dans le communiqué. Ça y ressemble quand même très fort.