La semaine dernière, la Banque centrale américaine - Réserve fédérale ou Fed - a relevé son taux à court terme de 25 points de base (0,25 %) à 0,75 à 1 %. C'était largement attendu. Pourtant, les marchés ne cachaient pas une certaine nervosité la veille du communiqué de presse du FOMC (Federal Open Market Committee), le comité de politique monétaire de la Fed. Ils se demandaient notamment s'il fallait voir le relèvement des taux comme la première étape d'une accélération du démantèlement de la politique de relance de la Fed. Même si la crise financière est révolue depuis plus de huit ans, le taux à court terme était en effet resté très bas. De plus, l'inflation s'était rapprochée de l'objectif de 2 % ces derniers mois.
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La semaine dernière, la Banque centrale américaine - Réserve fédérale ou Fed - a relevé son taux à court terme de 25 points de base (0,25 %) à 0,75 à 1 %. C'était largement attendu. Pourtant, les marchés ne cachaient pas une certaine nervosité la veille du communiqué de presse du FOMC (Federal Open Market Committee), le comité de politique monétaire de la Fed. Ils se demandaient notamment s'il fallait voir le relèvement des taux comme la première étape d'une accélération du démantèlement de la politique de relance de la Fed. Même si la crise financière est révolue depuis plus de huit ans, le taux à court terme était en effet resté très bas. De plus, l'inflation s'était rapprochée de l'objectif de 2 % ces derniers mois. La présidente de la Fed Janet Yellen a cependant rassuré les investisseurs : la Fed n'a aucunement l'intention de gâcher la fête. Ce n'est que la troisième fois qu'elle relève le taux à court terme (chaque fois de 25 points de base) depuis décembre 2015. Et la présidente entend toujours relever les taux en trois fois en direction de 1,4 % cette année. Les perspectives à plus longue échéance sont elles aussi restées inchangées pour le taux à court terme (2,1 % d'ici fin 2018 et 3 % pour fin 2019). Comme prévu, le discours " apaisant " de la patronne de la Fed a affaibli le dollar américain face à l'euro. Malgré les bonnes statistiques économiques récentes - l'économie américaine a créé 235.000 emplois en février et le taux de chômage est retombé à 4,7 % -, la Fed a de nouveau pointé le rythme modéré de la reprise (2,1 % à la fois en 2017 et en 2018). Elle n'a pu prendre en compte l'effet des futures mesures économiques de Donald Trump (réductions d'impôts, dérégulation, investissements dans l'infrastructure) non encore votées. La Fed détient également un portefeuille d'obligations publiques à long terme et de titres adossés à des crédits hypothécaires d'une valeur de 4500 milliards de dollars. C'est le résultat de trois cycles de " QE " (assouplissement quantitatif), qui ont permis à la banque centrale de peser également sur le taux à long terme. Aujourd'hui, la Fed détient 15 % de la dette publique américaine totale et 25 % des titres adossés à des crédits hypothécaires. Actuellement, toutes les sommes qui arrivent à échéance sont investies dans les obligations publiques ou des titres hypothécaires, de sorte que le volume total du portefeuille reste stable. Bien que Janet Yellen ait indiqué la semaine dernière que le FOMC avait à nouveau discuté du processus d'assainissement du portefeuille, aucune échéance n'a été définie. Il est clair que tout indice suggérant une réduction du portefeuille pourrait avoir des répercussions sur les marchés - rappelez-vous le mini-krach subi par les marchés financiers lorsque l'ancien président de la Fed Ben Bernanke n'avait fait qu'évoquer une réduction du programme de QE en mai 2013 - et pas seulement aux États-Unis. B. Bernanke avait affirmé que le processus de démantèlement du portefeuille pourrait prendre cinq à sept ans pour autant qu'on veuille limiter ses possibles effets négatifs. Mais ce sera vraisemblablement au successeur de Janet Yellen qu'il incombera de régler cela : son mandat arrive à son terme en février de l'an prochain, et le président Trump ne donne pas l'impression de vouloir le prolonger. Même très lente, l'augmentation des taux affaiblira également les cours des obligations en dollar existantes, en particulier les obligations publiques à faible rendement (US Treasuries) et celles d'entreprises très solvables (investment-grade). Les obligations à longue échéance en pâtiront également. Le capital des obligations à plus court terme pourra, lui, être réinvesti plus rapidement à des taux plus élevés. Nous vous conseillons dès lors de limiter à moins de cinq ans les échéances des obligations en dollar américain si vous voulez pouvoir réagir plus rapidement à la hausse des taux en dollar. En outre, les obligations à longue échéance sont sensibles au danger insidieux que représente l'inflation, laquelle érode le pouvoir d'achat de vos dollars (en l'occurrence). L'inflation de base - qui exclut les prix volatils de l'énergie et des denrées alimentaires - a atteint 1,9 % en février. Mais la Fed reste étonnamment laxiste. Janet Yellen a laissé entendre qu'elle ne s'émouvrait pas davantage d'une hausse temporaire de l'inflation au-dessus de 2 %. Car si l'inflation est l'ennemie des investisseurs en obligations, elle est l'amie des pouvoirs publics et des entreprises très endettées. Une position en obligations publiques indexées sur l'inflation (TIPS ou Treasury Inflation-Protected Securities) peut cependant vous en protéger. L'augmentation des taux aux États-Unis va également se faire sentir en Europe. Mais jusqu'à nouvel ordre, la Banque centrale européenne a bien l'intention d'étouffer dans l'oeuf tout mouvement haussier des taux en zone euro grâce à son programme de rachat d'obligations. LA RÉSERVE FÉDÉRALE A DE NOUVEAU RELEVÉ SES TAUX. MAIS IL N'EST PAS ENCORE QUESTION DE CHANGEMENT DE PROGRAMME.