Une fois encore, le parcours de l'Augusta National, théâtre du Masters, a été sans pitié et a fait tomber un à un tous les grands favoris. A l'arrivée, il a couronné le Japonais Hideki Matsuyama, désormais élevé au rang de dieu vivant dans son pays. Retour sur les moments forts de cette édition 2021.
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Une fois encore, le parcours de l'Augusta National, théâtre du Masters, a été sans pitié et a fait tomber un à un tous les grands favoris. A l'arrivée, il a couronné le Japonais Hideki Matsuyama, désormais élevé au rang de dieu vivant dans son pays. Retour sur les moments forts de cette édition 2021. Le sacre tant attendu. C'est la première fois qu'un joueur du pays du Soleil levant s'adjuge un tournoi du Grand Chelem. C'est dire si le titre de Matsuyama est historique dans un pays où le golf est un véritable sport national. Abonné aux places d'honneur depuis plusieurs années (5e du Masters en 2015, 2e de l'US Open en 2017, 4e du PGA en 2016 et 6e du British Open en 2013), Matsuyama a réussi cette fois à résister à la pression du dernier jour. En tête après trois tours, il a contrôlé la situation pour s'offrir, à 29 ans, la victoire tant attendue par tout un peuple. Il devient le deuxième champion asiatique à inscrire son nom au palmarès d'un Major après le Sud-Coréen Youn-eun Yang, lauréat du PGA Championship en 2009. Et il se profile déjà comme l'une des superstars des prochains Jeux olympiques de Tokyo. La surprise Will Zalatoris. Pour son baptême du feu au Masters, ce jeune Américain d'origine grecque au physique élancé (1,88 m, 75 kg) et à la technique épurée s'est offert une deuxième fabuleuse place. Lors du dernier tour, sans complexe, il a même fait trembler Matsuyama, échouant à un petit coup. Voilà une bien belle histoire si l'on sait qu'il y a un an et demi à peine, le Californien fréquentait le Korn Ferry Tour, la deuxième division du golf US. Très doué, le rookie de 24 ans a impressionné tous les observateurs par son swing élastique et sa frappe de balle très limpide, au point de se positionner désormais comme sérieux candidat à une sélection au sein de l'équipe américaine de Ryder Cup! Le n°1 mondial au tapis. Tenant du titre et n°1 mondial, Dustin Johnson est, lui, tombé de haut. Très irrégulier, le géant de Columbia n'a pas franchi le cut. Lors de son sacre de 2020, le Masters se disputait en novembre, sur des greens assez souples qui lui avaient permis de scorer très bas (-20). Cette fois, Augusta avait revêtu ses habits de printemps avec des greens rapides comme le marbre et fermes comme le tambour. Et DJ s'est pris les pieds dans le tapis vert, collectionnant les frustrations! McIlroy et DeChambeau n'y arrivent pas. Rory McIlroy a également quitté la scène plus tôt que prévu. Toujours à la recherche de son meilleur drive, le Nord-Irlandais a affiché son désarroi durant 36 trous. Décidément, le Masters - seul Major qu'il n'a jamais remporté - ne lui réussit pas. Et le même constat vaut pour Bryson DeChambeau, autre grand frappeur. Le colosse californien n'a jamais été à la lutte pour la victoire. Trop agressif dans ses drives, il a une nouvelle fois été rattrapé par un parcours diabolique où l'humilité et la patience sont des atouts indispensables. L'hommage à Lee Elder. Aux yeux de nombreux observateurs, l'image forte de ce Masters a été prise lors de la cérémonie d'ouverture avec l'hommage rendu à Lee Elder, premier joueur afro- américain à avoir disputé le tournoi en 1975. L'Augusta National, qui a longtemps interdit son entrée aux joueurs blacks, souffre toujours d'une réputation ségrégationniste. En invitant Lee Elder à donner le coup d'envoi de cette édition 2021, le club géorgien a voulu envoyer un message fort alors que le débat autour du racisme n'a jamais été aussi fort aux Etats-Unis. Sûr que Tiger Woods, grand absent du tournoi, a apprécié cette évolution.