"Je pense toujours que la mobilisation de l'épargne au profit du financement des PME avait tout son sens en 2009 ", confie le président du comité de direction de la Caisse d'investissement de Wallonie (CIW), Sébastien Durieux. En pleine crise bancaire, l'accès au crédit s'était en effet fortement compliqué pour les petites entreprises. Le gouvernement wallon a donc créé cet instrument pour lever un emprunt obligataire. Quelque 12.500 citoyens y ont souscrit, alléchés par le taux garanti (4,6%), l'avantage fiscal (la première utilisation, par la Wallonie, de son autonomie à l'impôt des personnes physiques) et, éve...

"Je pense toujours que la mobilisation de l'épargne au profit du financement des PME avait tout son sens en 2009 ", confie le président du comité de direction de la Caisse d'investissement de Wallonie (CIW), Sébastien Durieux. En pleine crise bancaire, l'accès au crédit s'était en effet fortement compliqué pour les petites entreprises. Le gouvernement wallon a donc créé cet instrument pour lever un emprunt obligataire. Quelque 12.500 citoyens y ont souscrit, alléchés par le taux garanti (4,6%), l'avantage fiscal (la première utilisation, par la Wallonie, de son autonomie à l'impôt des personnes physiques) et, éventuellement, le souhait de voir leur épargne bénéficier directement à l'économie réelle. " Nous étions déjà dans cette tendance de fond qu'est devenu le réflexe de proximité ", dit Sébastien Durieux. Mais très vite, les éléments se sont retournés contre cette caisse : elle n'a pas obtenu l'agrément pour prêter elle-même l'argent (elle doit passer par des partenaires comme la SRIW ou la Sofinex) et des recours pour " aide d'Etat illicite " ont été introduits auprès de la Commission européenne. D'où une bonne année de retard à l'allumage, année pendant laquelle les taux d'intérêt s'effondrent et la crise des liquidités commence à se résoudre. La caisse n'est pas encore vraiment active et elle a déjà perdu une bonne partie de sa raison d'être... En attendant, que faire des 81,6 millions récoltés par l'emprunt obligataire ? Les gestionnaires de la CIW ont placé 5 millions chez Triodos (qui s'est en retour engagé à en investir 35 dans des PME wallonnes) et ont acheté pour 5 millions d'obligations.... grecques. Ils durent acter plus tard une perte de 3,8 millions sur cet investissement. Heureusement, après ce démarrage chaotique, la CIW a fini par trouver ses marques. Fin 2016, elle avait prêté 53 millions d'euros à 44 PME (montant porté à 73 millions par les partenaires SRIW et Sofinex). Elle a aussi conclu un accord avec Belfius, à travers lequel les deux institutions ont apporté un total de 62 millions d'euros (dont 31 venant de la CIW) à 300 entreprises wallonnes. " L'argent de l'emprunt obligataire a donc tourné une fois ", relève Sébastien Durieux. Et même un peu plus, si on y ajoute les 5 millions placés chez Triodos. Cet ensemble de prêts n'a pas suffi, surtout les premières années, pour rémunérer les obligataires (3,7 millions par an) et pallier les inévitables sinistres dans le portefeuille de prêts. La CIW a donc mangé la moitié des 20 millions de capital de départ amenés par la Région wallonne. Elle affiche aujourd'hui des pertes cumulées de 9 millions d'euros. Elles pourraient se réduire un peu d'ici juin 2019 grâce à quelques plus-values. Les obligataires ont en tout état de cause la garantie de récupérer l'argent investi, car la SRIW et la Sofinex avanceront à la caisse l'équivalent des prêts en cours. CHRISTOPHE DE CAEVEL"Je pense toujours que la mobilisation de l'épargne au profit du financement des PME avait tout son sens en 2009" Sébastien Durieux, président du comité de direction de la Caisse d'investissement de Wallonie.