Même si le service d'études de la BNB estime que notre immobilier est surévalué de 5,9%, ce chiffre démontre que nous sommes loin d'être dans un marché en surchauffe.
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Même si le service d'études de la BNB estime que notre immobilier est surévalué de 5,9%, ce chiffre démontre que nous sommes loin d'être dans un marché en surchauffe. Pourtant, après avoir prévenu à plusieurs reprises les banques commerciales, la BNB va imposer à partir de janvier 2020 de nouvelles règles prudentielles. Pour quoi faire ? Justement pour empêcher qu'une crise immobilière ne survienne dans notre pays. Pour la BNB, il est clair qu'il vaut mieux prévenir que guérir. En réalité, si la banque nationale a peur d'une future crise, c'est parce qu'elle ausculte les chiffres du crédit hypothécaire au scalpel. Et que constate-t-elle ? Que les prix de la brique augmentent régulièrement, que les montant prêtés sont de plus en plus élevés (avec un apport personnel insuffisant, selon elle) et puis, last but not least, la durée moyenne de ces crédits hypothécaires s'allonge d'année en année. Cerise sur le gâteau : la BNB constate que de plus en plus de crédits hypothécaires n'ont qu'un seul but : acheter un bien immobilier pour le louer. Normal, le Belge n'est pas fou. Il voit que son livret d'épargne ne lui rapporte plus rien et il constate que la Bourse n'est pas faite pour lui. Du moins, s'il n'a pas les nerfs solides pour assumer les mouvements de yo-yo de Wall Street et du Bel 20. Conclusion : tant qu'à faire, le Belge préfère acheter un appartement et y mettre un locataire pour avoir un peu de rendement. Bien entendu, cette démarche patrimoniale ne sera pas interdite en janvier 2020, mais les conditions pour la réaliser seront durcies à cause des nouvelles règles prudentielles imposées par la BNB. En résumé, celle-ci demandera aux banques commerciales de davantage justifier leurs octrois de crédits hypothécaires et elle imposera un apport personnel des candidats-acheteurs plus conséquent à l'avenir. Traduction: sauf si le dossier du client est en béton, il lui sera plus difficile d'emprunter 100% ou 90% de la valeur du bien. Les uns diront "Mais de quoi se mêle cette banque nationale ? Si ma banque est d'accord, quel est son problème ? ", et d'autres seront, au contraire, rassurés de voir que la BNB veille au grain. Après tout, prévenir une crise immobilière coûte infiniment moins cher que de réparer les pots cassés. En cas de doute, posez la question aux Espagnols ou aux Irlandais.